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Argentine: l'ancien ministre de l'Economie dénonce un "double standard" face aux agences de notation

05/08/2014 12:33 EDT | Actualisé 05/10/2014 05:12 EDT

Artisan de la renégociation de la dette argentine en 2005, l'ancien ministre de l'Economie Roberto Lavagna a dénoncé auprès de l'AFP "le double standard" vis-à-vis des agences de notation, dont deux ont placé son pays en "défaut de paiement sélectif".

"Quand il s'agit de l'Europe, les agences se trompent, mais quand il s'agit des pays en voie de développement, il semblerait que tout ce (qu'elles) disent soit parole d'évangile. Pas de double standard, soyons sérieux !", s'est-il exclamé lors d'un entretien avec l'AFP.

"Quand les agences ont commencé à baisser les notes de différents pays européens, dont l'Italie et la France (après le début de la crise des subprime en 2008, NDLR), on a dit qu'elles agissaient de façon erronée et l'Union européenne a envisagé de créer une agence de notation officielle", a rappelé l'ancien ministre.

Deux des trois plus importantes agences de qualification de risque au monde, Standard & Poor's (S&P) et Fitch, ont placé la semaine dernière l'Argentine en "défaut sélectif".

Cette décision est la conséquence d'une procédure judiciaire au terme de laquelle la Justice américaine a condamné le pays à verser 1,33 milliard de dollars à deux fonds d'investissements et bloqué dans le même temps un versement de plus de 500 millions de dollars dus par Buenos Aires à des créanciers ayant accepté une renégociation de créances en 2005 et 2010, dans la foulée du gigantesque défaut de paiement de 2001.

M. Lavagna, ministre de l'Economie de l'ancien président Nestor Kirchner, décédé en 2010 et prédécesseur de l'actuelle présidente de centre-gauche Cristina Kirchner, a par ailleurs estimé que l'Argentine venait "de pénétrer sur un terrain inconnu, sans précédent au niveau mondial".

Même si le gouvernement argentin appliquait le jugement rendu à New York, le problème de la dette souveraine du pays ne serait pas résolu pour autant.

Car si après 2005 et 2010, 93% des créanciers du pays ont accepté de renégocier leurs titres, "7% n'ont pas intégré ce schéma" et ceux menant actuellement une bataille légale, les fonds NML et Aurelius, ne représentent que 1% de ces créanciers exigeant toujours l'intégralité de leurs bons. "Il faudra bien à un moment négocier" avec eux, a affirmé M. Lavagna.

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