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Afflux de migrants érythréens en France via l'Italie (presse)

05/08/2014 03:48 EDT | Actualisé 04/10/2014 05:12 EDT

La Police aux frontières (PAF) s'inquiète d'une arrivée massive en France lors du premier semestre 2014 de migrants clandestins, majoritairement en provenance d'Erythrée via l'Italie, a rapporté le quotidien Le Figaro mardi.

Une réunion "exceptionnelle" sur le sujet se serait tenue en préfecture de Nice (sud-est de la France) le 9 juillet, qui aurait donné lieu à un rapport de la direction zonale sud de la Police aux frontières, selon le quotidien.

Selon ce rapport cité par le Figaro "la pression migratoire sur la frontière avec l'Italie s'est accentuée à partir du début du mois d'avril 2014. 694 Erythréens étaient interpellés contre seulement 68 interpellations entre janvier et mars 2014. Les interpellations progressaient de +165% au mois de mai (1845) et encore de 43% au mois de juin (2628). Au total, pour le premier semestre 2014, la PAF procédait à 5.235 interpellations".

Cet afflux relevé par la PAF serait la conséquence d'une forte augmentation de l'immigration clandestine en Italie par voie maritime où "entre le 1er janvier et le 30 juin 2014, 61.591 migrants irréguliers ont débarqué (...), ils n'étaient que 7.913 pour la même période en 2013 et seulement 4.301 pour les six premiers mois de 2012. Les Erythréens représentent 31% de ces migrants (18.282). Les Syriens arrivent en deuxième position, avec 10.371 (17%)".

Le rapport soulignerait aussi les difficultés de l'administration à gérer à cet afflux: "L'absence de document d'identité ou d'éléments objectifs justifiant la provenance d'Italie rendent la sollicitation auprès de ce pays d'une réadmission effective impossible. Dans le cas d'espèce, une obligation à quitter le territoire est notifiée à l'étranger".

Sollicité par l'AFP, le ministère de l'Intérieur a indiqué que "la baisse des demandes d'asile en France au 1er semestre 2014 indique que la France est pour ces migrants un pays de transit".

Pour le porte-parole de l'organisation France Terre d'Asile, Pierre Henry, ce phénomène est la conséquence "du refus de l'Union européeenne de venir en aide à l'Italie, qui l'a demandée depuis le début de l'année lorsque des migrants sont arrivés sur ses côtes".

"Comme il n'y a pas eu de réponse", Rome en "laisse passer un certain nombre", a-t-il expliqué à l'AFP, faisant état d'environ 70.000 personnes arrivées en Italie depuis le début de l'année "par différents moyens, parmi lesquelles beaucoup de demandeurs d'asile".

Selon la convention de Dublin de 1990, les demandes d'asile doivent être examinées uniquement dans le pays d'entrée dans l'UE, donc normalement l'Italie, ce qui n'est pas le cas, a relevé ce responsable.

"Il y a une impuissance de l'UE à répondre à la fois en termes de prévention, de protection des personnes vulnérables et de solidarité entre les Etats membres", a-t-il insisté, notant que ce phénomène se "retrouve" à Calais (nord de la France).

De nouveaux affrontements ont éclaté dans la nuit de lundi à mardi entre migrants africains, dont des Erythréens, dans la zone portuaire à Calais, faisant une cinquantaine de blessés, dont un grave.

Selon l'ONU, près de 4.000 Erythréens, sur une population d'environ 5 millions d'habitants, fuient chaque mois leur pays, dont la superficie avoisine celle de la Grande-Bretagne, pour échapper à la répression brutale du pouvoir et au travail forcé, non rémunéré et à durée illimitée.

L'Érythrée est considérée par l'ONU comme un pays où les droits de l'Homme sont systématiquement bafoués et où les Erythréens ayant quitté leur pays risquent d'être arrêtés à leur retour.

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