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Osheaga 2014: Lorde, notre héroïne de la soirée (PHOTOS)

04/08/2014 05:54 EDT | Actualisé 04/08/2014 05:54 EDT
David Kirouac

Parcourant une armée de festivals cet été, la jeune auteure-compositrice-interprète Lorde a fait un arrêt à Montréal dimanche soir, dans le cadre de la neuvième édition d’Osheaga. Celle qui cumule les succès commerciaux grâce à son premier effort Pure Heroine avait d’ailleurs une masse de fans qui l’attendaient pour chanter l’album en intégralité avec elle.

Sous les applaudissements nourris de la foule, la Néo-Zélandaise est apparue sur la scène de la Montagne vers 20h20, vêtue d’un pantalon bleu très ample et d’un haut moulant noir. La jeune dame a entamé les premières notes de la troublante Glory and Gore, seule sous les éclairages. Les yeux étaient tous rivés sur elle.

Dansant de façon plutôt introspective avec ses mouvements saccadés et nerveux, elle a rapidement transmis au public la dynamique de son univers. Créant une ambiance sombre et mystique, on avait parfois même l’impression qu’elle se cachait dans sa chevelure pour se couper du monde extérieur lorsqu’elle bougeait.

Sur le bout de ses doigts

Le spectacle que Lorde présentait dimanche soir à Osheaga n’avait rien d’inconnu aux yeux même de la chanteuse. Partageant une liste de chansons identique à ses précédents concerts, l’artiste était donc en parfait contrôle de sa performance. Elle a enchaîné les Biting Down, Tennis Court, White Teeth Teens ainsi que la plus rythmée Buzzcut Season sur laquelle les festivaliers frappaient des mains.

«C’est une de mes chansons préférées. J’aurais vraiment souhaité l’avoir écrite», s’est exclamée la chanteuse avant d’interpréter Swingin Party de la formation The Replacements. Magnifique clin d’œil de sa part, d’autant plus que le groupe se produisait à peine une heure plus tôt sur la scène adjacente.

Maturité et caractère

Plus le concert avançait, plus la foule en apprenait sur le personnage Lorde. Avec sa posture «rat de bibliothèque», la chanteuse laissait comprendre au public qu’elle fait de la musique d’abord et avant tout pour elle-même. Rare que l’on voit une personne aussi intègre à cet âge. Du haut de ses 17 ans, Lorde dégage une maturité déconcertante autant dans sa voix que dans sa personnalité.

Très terre à terre dans sa vision du milieu artistique, l’auteure-compositrice-interprète a également pris un moment pour revenir sur toute cette dernière année passée. «Il y a un an, je jouais dans mon premier festival en Australie. Ce n’était rien à comparer à ce que je vois en ce moment.» Drapeau du Canada entre les mains, elle semblait visiblement touchée par tout l’amour de ses fans présents au parc Jean-Drapeau.

Traitement Royals

Il fallait s’y attendre, les grands succès avaient été gardés pour la toute fin. Déception ici: Royals, chanson de l’année au dernier gala des Grammys, manquait nettement d’enrobage. Un traitement royal s’impose! Avec seulement deux musiciens sur scène, il aura fallu que la foule s’improvise choriste pour reproduire la pièce réelle de l’artiste.

Sans décor, sans choristes, on aurait parfois dit que la scène était trop grande pour la jeune femme. Pour pallier le vide, de larges confettis ont été envoyés au public durant la pièce Team. Superbe moment ! Mais il serait tout de même valable d’ajouter quelques musiciens au spectacle tout en retravaillant la mise en scène de celui-ci.

Somme toute, Lorde a offert une magnifique prestation, rendant les spectateurs déjà hâtifs d’écouter un second album. Reste à voir si elle réussira à se renouveler. Avec toute l’intelligence, la lucidité et la sagesse qu’elle possède, ses admirateurs ne devraient toutefois pas s’inquiéter.

MENTIONS DU JOUR

Vite ! Sortez votre nouvel album: Half Moon Run

Quelle belle heure passée avec Half Moon Run dimanche après-midi! Heureux d’être à Montréal, heureux de retrouver leurs fans après une courte pause de la scène, les quatre musiciens ont créé la surprise en présentant du tout nouveau matériel. Réponse absolument positive, on a déjà hâte d’avoir la galette entre les mains.

Le groove du dimanche: The Kooks

La formation The Kooks présentait elle aussi de nouvelles chansons dimanche après-midi. Les Seaside et Naive se sont donc entremêlées aux premiers extraits de l’album Listen, à paraître en septembre. Le groupe de Brighton nous a prouvé qu’il n’avait rien perdu de son groove et que le meilleur reste à venir.

Les habitués du festival: Portugal. The Man

Loin d’en être à son premier passage à Osheaga, le groupe Portugal. The Man commence à bien connaître le public montréalais. L’énergie circulait parfaitement bien entre le band et les festivaliers tout au long du spectacle. Amoureux de la musique, les gars ont bien dosé leur prestation, mélangeant des titres de leur plus récent album Evil Friends, avec quelques classiques de leur répertoire. Le public a aussi eu droit à une superbe intro de Pink Floyd et une reprise de Don’t Look Back In Anger du défunt groupe Oasis.

Oh Romeo!: Kodaline

Comment pouvait-on savoir que le spectacle de Kodaline était bel et bien commencé? On entendait les cris stridents de jeunes demoiselles d’un bout à l’autre du site. Aussi simple! Avec un public (au féminin) conquis d’avance, les quatre Irlandais ont offert une version estivale du spectacle qu’ils avaient présenté deux fois plutôt qu’une dans la métropole en février dernier. Semble-t-il que les fans s’étaient bien ennuyés depuis ce temps, puisqu’ils ont entonné à tue-tête All I Want, chanson responsable de l’ascension fulgurante de Kodaline.

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