POLITIQUE

Les déficits chroniques justifient la commission Robillard, selon Martin Coiteux

04/08/2014 10:59 EDT | Actualisé 04/10/2014 05:12 EDT
Radio-Canada

« C'est la première fois dans l'histoire du Québec qu'on va passer au peigne fin l'ensemble des programmes et des organismes de l'État québécois », avance le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux, pour justifier l'existence de la Commission de révision permanente des programmes, critiquée par les partis d'opposition, notamment en raison de son coût, soit au moins 3,8 millions de dollars pour sa première année. 

« Si c'était un travail si simple, j'imagine que ça aurait déjà été fait, poursuit-il en entrevue sur ICI Radio-Canada Première. C'est un travail colossal, c'est un travail qui va mobiliser l'ensemble des ministères, c'est un travail qui va nécessiter des analyses pointues. »

Présidée par l'ancienne ministre libérale Lucienne Robillard, la Commission est critiquée par le Parti québécois et la Coalition avenir Québec, qui croient plutôt que la celle-ci n'est que l'équivalent d'un comité externe chargé d'effectuer un travail que le gouvernement Couillard devrait plutôt faire lui-même. « Si ça avait été le cas, on ne serait pas dans la situation de déficit chronique dans laquelle on se trouve », réplique M. Coiteux.

La Commission est aussi la cible de critiques pour ses coûts, évalués à 3,8 millions de dollars pour sa première année d'existence, dont 1 million servira uniquement à couvrir les salaires de la présidente (265 000 $) et de ses quatre experts.

Le président du Conseil du Trésor ne conteste pas les chiffres, mais il réfute l'ajout d'une nouvelle structure. « Ce n'est pas une structure, c'est une unité à l'intérieur du Conseil du Trésor », se défend M. Coiteux. Il ajoute que plusieurs ressources, notamment des fonctionnaires et des locaux gouvernementaux, seront réaffectées à la Commission. « Il y a un coût de fonctionnement, mais ce n'est pas un nouveau coût pour l'État, explique M. Coiteux. Déjà là, la facture est passablement dégonflée. »

« Ce n'est pas Mme Robillard qui prendra les décisions », précise M. Coiteux, réfutant ainsi l'argument de l'opposition selon lequel le gouvernement se déchargera de ses responsabilités sur la Commission. « Mme Robillard et les commissaires vont faire des analyses poussées, en collaboration avec l'ensemble des ministères [...] et ils vont faire des recommandations. Le gouvernement élu par les Québécois, et qui a donc la responsabilité de prendre des décisions dans l'intérêt de l'ensemble des Québécois, va prendre ces décisions ultimement. »

Des balises pour la révision

M. Coiteux refuse de donner des exemples de programmes qui pourraient être supprimés, prétextant vouloir laisser la Commission mener ses propres analyses sans préjugés. Il révèle toutefois les paramètres qui guideront ses analyses. Le programme doit :

  • répondre à un besoin prioritaire des Québécois;
  • éviter les chevauchements entre ministères;
  • atteindre sa cible.

Sans prétendre que certains programmes sont inutiles, il précise que Québec doit faire des choix, afin de respecter la capacité de payer des contribuables. « Si on était immensément riches, on trouverait le moyen de financer plus que les 90 milliards de dépenses par année, explique M. Coiteux. Malheureusement, nous ne sommes pas une société si riche que ça. De réussir à éliminer des doublons, à recentrer l'action de l'État sur ce qui est véritablement prioritaire. »

Le gouvernement souhaite économiser ces 3 milliards de dollars dans des programmes jugés « secondaires », afin de « financer adéquatement les infrastructures, la santé et l'éducation », trois domaines qui rallient l'ensemble de la population québécoise, selon M. Coiteux. « On va essayer de se concentrer sur ce qui est vraiment prioritaire, poursuit-il. On va regarder ce qui est encore d'actualité et ce qui correspond à des besoins d'il y a 20 ans. »

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