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Le Liban veut l'accélération des livraisons d'armes par la France (ministre)

04/08/2014 09:55 EDT | Actualisé 04/10/2014 05:12 EDT

Le Premier ministre libanais a rejeté lundi tout compromis avec les jihadistes qui ont attaqué l'armée dans l'est du pays et insisté pour que la France accélère ses livraisons d'armes conformément au contrat passé entre les deux pays.

"Il ne peut y avoir de compromis avec les terroristes assassins, avec ceux qui ont violé le territoire libanais et insulté ses habitants", a affirmé à la presse Tamam Salam, à l'issue d'une réunion extraordinaire du gouvernement.

Le Premier ministre a assuré aussi que le gouvernement ne négligera "aucun effort pour fournir à l'armée de ce dont elle a besoin pour défendre le Liban".

"J'ai demandé aux autorités françaises d'accélérer la livraison des armes déjà approuvée dans le cadre de l'accord d'armements financé par l'Arabie saoudite", a-t-il insisté.

Fin décembre, Ryad s'était engagé à octroyer trois milliards de dollars à l'armée libanaise afin que celle-ci, faiblement équipée, puisse se procurer des armes françaises.

Seize militaires, dont deux officiers, ont été tués ainsi que des dizaines de jihadistes dans les combats qui ont débuté samedi à Aarsal, une localité sunnite entourée d'agglomérations chiites, à 130 km au nord-est de Beyrouth.

En outre, au total, 13 soldats et 20 policiers sont portés disparus, vraisemblablement aux mains des assaillants, et 86 militaires ont été blessés, selon l'armée et une source de sécurité.

Les combats ont éclaté après l'arrestation d'Imad Ahmad Jomaa, un chef du Front al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, selon une source militaire.

"Il n'y a pas de solutions politiques avec les takfiris (extrémistes sunnites) qui sont train de créer le chaos au sein des communautés arabes en utilisant des slogans religieux bizarres et obscurantistes et veulent transférer leurs pratiques écoeurantes au Liban", a insisté le chef du gouvernement.

Pour cet homme politique sunnite, "la seule solution sur la table aujourd'hui est le retrait des hommes armés d'Aarsal et de sa région et le retour de l'État libanais et de tous ses attributs dans cette zone libanaise". Cette localité se trouve sur la frontière avec la Syrie.

Le pays est profondément divisé entre les sunnites qui soutiennent dans leur grande majorité la rébellion alors que la milice chiite du Hezbollah se bat aux côtés du régime de Damas. M. Salam a assuré l'armée du "soutien total et de la confiance complète du gouvernement avec toutes les composantes dans sa mission sacrée".

Les sunnites soutiennent les insurgés par le fait que la rébellion en Syrie est composée de sunnites, qui représentent 80% de la population syrienne, tandis que le régime est alaouite, un avatar du chiisme.

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