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Irak: les civils ayant fui Sinjar sont en danger (militants)

04/08/2014 08:20 EDT | Actualisé 04/10/2014 05:12 EDT

Des milliers de personnes, dont beaucoup appartenant aux minorités yazidie et turcomane, sont en danger après avoir fui les jihadistes qui ont pris ce week-end Sinjar, dans le nord de l'Irak, ont affirmé lundi des militants des droits de l'Homme.

Selon les Nations unies, jusqu'à 200.000 personnes ont fui Sinjar, une ville proche de la frontière syrienne, lorsque les jihadistes de l'Etat islamique (EI) se sont emparés dimanche de cette ville, tenue ces dernières semaines par les forces kurdes.

Nombre d'entre elles sont des Yazidis, une minorité kurdophone, considérés par les sunnites extrémistes comme des adorateurs de satan.

"Ce que l'EI a fait contre les Yazidis à Sinjar relève du nettoyage ethnique", a déclaré Khodhr Domli, un militant des droits de l'Homme yazidi basé à Dohouk, une ville de la région autonome du Kurdistan située à une centaine de km au nord-est de Sinjar.

"Il y a encore des milliers de personnes faisant route vers Dohouk, mais des milliers d'autres sont également coincées dans les montagnes de Sinjar", a-t-il dit à l'AFP.

"Il y a des personnes âgées parmi elles, des enfants. Ils n'ont ni eau, ni nourriture. Certaines ont déjà trouvé la mort", a-t-il ajouté.

"Le dernier contact qu'on a eu avec elles remonte à la nuit dernière mais aujourd'hui on n'a pas réussi à communiquer avec elles", a-t-il poursuivi.

Des centaines de familles turcomanes chiites, une autre minorité, se trouvaient également à Sinjar après avoir fui Tal Afar, à une cinquantaine de km plus à l'est.

Dans le cadre de leur offensive lancée le 9 juin, les insurgés menés par l'EI se sont emparés de nombreux pans du nord du pays, dont Tal Afar le 23 juin.

Ali al-Bayati, un militant des droits de l'Homme turcoman, a indiqué avoir reçu des informations très inquiétantes au sujet de membres de sa communauté qui avaient fui.

"Sur les 500 familles turcomanes chiites qui ont fui, quelque 100 ou plus ont atteint une cimenterie située à 15 km de Sinjar (...) Ils sont toujours là-bas et n'ont rien. Ils ont besoin d'aide", a-t-il dit.

Un autre groupe a été intercepté par des combattants de l'EI qui ont exécuté de nombreux hommes, selon lui.

"Les terroristes ont pris les femmes en esclaves et détiennent maintenant un groupe à l'aéroport de Tal Afar", a-t-il ajouté.

"Une tragédie humanitaire est en train de se dérouler à Sinjar (...) Les Nations unies s'inquiètent beaucoup pour la sécurité physique de ces personnes", avait déclaré dimanche l'émissaire de l'ONU en Irak, Nickolay Mladenov.

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