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14-18: à Liège, les dirigeants européens appellent à "tirer les leçons du passé"

04/08/2014 07:24 EDT | Actualisé 04/10/2014 05:12 EDT

Rassemblés à Liège (est) lundi pour commémorer la Première Guerre mondiale, précipitée il y a cent ans par l'invasion de la Belgique par les troupes allemandes, les dirigeants européens ont appelé à "tirer les leçons du passé" alors que la stabilité est menacée par la crise en Ukraine.

"L'Europe pacifiée, l'Europe unifiée, l'Europe démocratique. Nos grands-parents en ont rêvé. Nous l'avons aujourd'hui. Chérissons-là, et continuons à l'améliorer", a plaidé Philippe, roi des Belges, dans une allocution.

"Nous ne pouvons pas être simplement des gardiens de la paix, des évocateurs du souvenir, (...) nous sommes aussi devant nos responsabilités", a pour sa part insisté le chef de l'Etat français François Hollande en évoquant la crise en Ukraine "où un avion civil a été abattu", "les massacres de populations civiles" en Syrie et en Irak et le drame de Gaza.

"Les événements en Ukraine nous rappellent que l'instabilité continue de se propager sur notre continent", a renchéri le prince William, représentant du Royaume-Uni et des pays du Commonwealth engagés dans ce conflit meurtrier .

"Sans le respect de l'autre et sans la tolérance, il n'y a pas de paix possible", a insisté le Premier ministre belge Elio di Rupo après avoir rendu un hommage appuyé aux milliers de victimes civiles belges, "massacrées en ce funeste mois d'août 1914 par l'envahisseur".

Le président allemand Joachim Gauck n'a pas demandé pardon dans son intervention. Il a sobrement appelé à "tirer les leçons amères et terribles" du passé. "Aujourd'hui, en Europe, la loi du plus fort à laissé la place à la force de la loi".

Quatre-vingt trois pays engagés dans la Grande Guerre ont été invités pour cette commémoration placée sous le signe de la sobriété. Une douzaine étaient représentés par leurs présidents. Le roi Felipe d'Espagne a effectué à cette occasion son premier déplacement à l'étranger et le prince William est venu accompagné de son épouse Kate.

La ville de Liège avait été placée sous haute protection pour l'occasion, avec 650 policiers déployés pour protéger les invités.

L'envers de cette sécurité aura été la frustration pour les habitants qui ont dû se contenter d'écrans géants pour suivre la cérémonie. Quant aux riverains, ils ont été fermement priés de rester à l'intérieur de leurs maisons, fenêtres fermées.

- En Australie et en Nouvelle-Zélande -

Le prince Wiliam et son épouse ont ensuite pris le chemin de Mons pour une cérémonie dans le petit cimetière militaire de Saint-Symphorien. Ils y retrouveront le Premier ministre David Cameron et le prince Harry. C'est dans ce cimetière que reposent le premier soldat britannique tué durant la grande Guerre et le dernier, tué le 11 novembre 1918, jour de l'armistice qui a mis un terme aux hostilités.

La Grande-Bretagne commémorait également lundi le centenaire de sa déclaration de guerre à l'Allemagne par une veillée aux chandelles dans l'abbaye de Westminster, une parade de voitures d'époque et des services religieux.

A des milliers de kilomètres de là, l'Australie et la Nouvelle-Zélande ont également rendu hommage aux dizaines de milliers de soldats originaires de ces deux pays, tombés sur les champs de bataille d'Europe lors de la Grande Guerre.

Par le jeu des alliances, l'invasion de la Belgique le 4 août 1914 a déclenché les hostilités de la Première Guerre mondiale. L'Allemagne a violé la neutralité du petit royaume pour prendre en tenailles les forces françaises et cet acte a été immédiatement suivi par l'entrée en guerre du Royaume-Uni.

Les garnisons et les douze forts qui ceinturent Liège vont résister pendant plusieurs jours aux assauts de l'artillerie allemande, qui n'en viendra à bout qu'en recourant pour la première fois à ses canons de 420 mm, les célèbres "Grosse Bertha". Ces combats feront un millier de morts de part et d'autre.

La ville tombe le 16 août, mais sa résistance inattendue a retardé de quelques jours l'avancée d'une partie des forces allemandes, fournissant un petit répit précieux aux alliés français et britanniques. La presse anglo-saxonne rend hommage à cette "Brave Little Belgium".

Les forces allemandes se vengeront de cette résistance par des exactions qui coûteront la vie à quelque 6.500 civils et choqueront le monde occidental.

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