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Ukraine: recherches sur le site du crash du MH17, les combats s'intensifient à Donetsk

03/08/2014 04:25 EDT | Actualisé 02/10/2014 05:12 EDT

Les experts internationaux doivent reprendre dimanche leurs recherches de restes des victimes du crash du vol MH17 malgré les vifs combats dans l'est de l'Ukraine, de plus en plus intenses aux portes du fief séparatiste de Donetsk.

Environ 70 spécialistes des polices néerlandaise et australienne, dont la mission a été à de multiples reprises repoussée par les affrontements, sont à l'oeuvre depuis vendredi en zone rebelle.

Vendredi et samedi, ils ont pu retrouver des restes humains des victimes et des effets leur appartenant, qui doivent être rapportés ensuite à Kharkiv, en territoire contrôlé par Kiev plus au nord avant d'être rapatriés aux Pays-Bas en vue d'être identifiés.

Le travail minutieux, entrepris avec l'aide de chiens renifleurs dans la campagne ukrainienne, sous la surveillance d'insurgés armés, s'annonce complexe plus de deux semaines après la catastrophe du 17 juillet qui a conduit à une flambée des tensions internationales. Elle a ainsi provoqué l'adoption de sévères sanctions économiques contre la Russie, accusée d'armer en sous-main la rébellion.

Kiev accuse directement les insurgés prorusses d'avoir abattu le Boeing de la Malaysia Airlines, qui transportait 298 passagers dont 193 Néerlandais, avec un missile fourni par Moscou. Plus de 200 cercueils avaient déjà été rapatriés dans les jours suivant la catastrophe, comme les boîtes noires.

- Tirs depuis la Russie -

La tâche est encore compliquée par les combats qui se déroulent dans la région, où l'armée ukrainienne a progressé ces dernières semaines face aux séparatistes et tente de les isoler dans leurs principales places fortes, Donetsk et Lougansk.

L'état-major ukrainien a indiqué que ses positions avaient subi plusieurs attaques dans la nuit de samedi à dimanche aux lance-roquettes Grad, une arme imprécise qui frappe de vastes zones. Elles ont aussi été visées, selon la même source, de nouveaux tirs d'artillerie tirés depuis le territoire de la Russie.

A Lougansk, trois civils sont morts dans les combats en 24 heures, a rapporté dimanche la mairie, qui avait la veille averti d'une situation "au bord d'une catastrophe humanitaire". Dans cette ville de 500.000 habitants avant les hostilités, l'eau et l'électricité sont coupés, les communications sont très perturbées et les approvisionnements extérieurs en nourriture et carburants quasi impossibles.

L'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) a fait état samedi soir, sur la foi de témoignages de réfugiés ayant quitté la ville ces derniers jours, "de bombardements à l'artillerie lourde". "La plupart des magasins sont fermés et les gens commencent à manquer de nourriture", a-t-elle rapporté.

Selon l'organisation, les bombardements s'intensifient en outre aux abords de Donetsk, plus grande ville de cette région industrielle et principal fief des rebelles qui y ont proclamé une "République populaire".

Samedi, des tirs d'artillerie d'origine indéterminée ont détruit plusieurs immeubles et une école. Une correspondante de l'AFP a vu le corps sans vie d'une femme sur les lieux.

- Les Occidentaux maintiennent la pression -

Autour du site du crash, forces ukrainiennes et rebelles se sont engagées à un cessez-le-feu mais on y entend régulièrement ces derniers jours des explosions dans le lointain.

Si les principales recherches engagées par les experts ont pu se poursuivre malgré tout samedi, une petite équipe, qui s'était rendue dans une autre partie du site à la recherche d'une partie du fuselage du Boeing, a préféré rebrousser chemin, les tirs à l'arme lourde semblant se rapprocher.

Les enquêteurs néerlandais et australiens doivent être rejoints dans les jours qui viennent par leurs collègues malaisiens et et intensifier leurs recherches qui prendront plusieurs semaines.

Leur objectif est la récupération des restes humains et des effets personnels des victimes, avant de se pencher sur la question minée des causes du drame.

L'onde de choc qu'il a provoqué a conduit les Européens, jusque là divisés et réticents à frapper fort un important partenaire commercial, à adopter avec les Etats-Unis des sanctions sans précédent depuis la Guerre froide contre Moscou. Elles réduisent notamment l'accès des marchés financiers européens aux principales banques publiques russes, au risque de réduire leur capacité à financer une économie au bord de la récession.

A Washington, Barack Obama a dénoncé lors d'un entretien téléphonique vendredi avec Vladimir Poutine un soutien encore accru de Moscou aux séparatistes. Le Premier ministre britannique David Cameron a de son côté estimé samedi que l'Otan devait repenser sa relation à long terme avec la Russie et renforcer sa capacité à réagir rapidement à toute menace.

Mais selon des experts russes, le Kremlin peut difficilement reculer dans la crise ukrainienne face à une opinion galvanisée depuis le rattachement de la péninsule de la Crimée en mars, moins d'un mois après l'arrivée au pouvoir de pro-occidentaux à Kiev.

bur-gmo/ml

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