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Ukraine/ MH17 : des tirs d'artillerie empêchent les recherches sur une partie du site

02/08/2014 10:52 EDT | Actualisé 02/10/2014 05:12 EDT

Des tirs d'artillerie ont empêché samedi les experts internationaux de mener leurs recherches sur une partie du site du crash de l'avion malaisien, abattu dans une zone contrôlée par les séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine il y a plus de deux semaines.

A Grabove, où sont tombés les débris de l'avion malaisien abattu le 17 juillet par un missile vraisemblablement tiré par des insurgés, des enquêteurs en uniformes de la police pouvaient être vus recueillant des éléments parmi les débris sous la surveillance de rebelles armés, a constaté une journaliste de l'AFP. Des chiens renifleurs étaient également sur place, à la recherche, selon des scientifiques néerlandais, de restes de victimes, qui constituent la priorité à ce stade plutôt que l'élucidation des causes de la catastrophe.

Des experts ont en revanche dû quitter une partie du site où ils recherchaient des débris du fuselage en raison de tirs d'artillerie, a indiqué l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) qui encadre l'équipe d'experts.

Les inspecteurs ont entendu des tirs d'artillerie à une distance d'environ deux kilomètres puis se rapprochant. "C'était suffisamment proche pour que nous décidions de partir, l'impact des tirs d'artillerie était très bruyant et le sol tremblait", a expliqué à la presse Alexander Hug, chef adjoint de la mission en Ukraine de l'OSCE.

Plus de deux semaines après que l'avion de Malaysia Airlines, qui assurait la liaison Amsterdam-Kuala Lumpur, a été abattu par un missile avec 298 personnes à bord, dont 193 Néerlandais et 28 Australiens, certaines dépouilles mortelles, ou ce qu'il en reste, sont encore sur place.

La veille, les experts ayant réussi pour la première fois à accéder en nombre sur le site avaient déjà récupéré certains restes humains. Deux cents dépouilles ont déjà été rapatriées aux Pays-Bas.

Les recherches "très difficiles" prendront "au moins plusieurs semaines", a cependant averti le chef de la mission néerlandaise, Pieter-Jaap Aalbersberg.

Les victimes de la catastrophe aérienne ont été honorées samedi à la célèbre Gay Pride sur les canaux d'Amsterdam : des collègues des spécialistes du sida morts dans le crash brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : "A la mémoire de nos collègues du MH17".

Six spécialistes du sida, dont l'expert néerlandais Joep Lange, se trouvaient à bord de l'avion assurant le vol MH17. Ils se rendaient à une conférence sur le sida à Melbourne, en Australie.

- Moscou menacé de nouvelles sanctions -

La chute du Boeing a provoqué un choc dans le monde entier et conduit à l'introduction de sanctions contre Moscou qui touchent les secteurs vitaux de l'économie.

Le président russe Vladimir Poutine a estimé que ces mesures étaient "contre-productives", dans un entretien téléphonique avec Barack Obama, qui a de son côté déploré "le soutien accru" de Moscou aux séparatistes en Ukraine, réaffirmant son engagement en faveur d'une solution diplomatique.

Le secrétaire au Trésor Jack Lew a pour sa part déclaré au Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk vendredi que les Etats-Unis continueraient à imposer de nouvelles sanctions à la Russie si celle-ci ne recherchait pas de solution pacifique à la crise.

Selon des analystes russes, Vladimir Poutine, dont la popularité bat des records en Russie depuis l'annexion de la péninsule ukrainienne de la Crimée en mars, est dans une situation extrêmement difficile, pris au piège entre la pression occidentale pour son soutien aux séparatistes et une opinion publique qu'il ne peut pas décevoir après l'avoir galvanisée pendant des mois.

- "Catastrophe humanitaire" -

Dans ce contexte, le ministre ukrainien de la Défense, Valéri Gueleteï, a appelé les insurgés à se réfugier en Russie "tant qu'une telle possibilité, qui ne durera pas longtemps, existe".

"Ceux qui ont l'intention de quitter les villes et les villages ukrainiens peuvent encore s'enfuir en Russie, sans chars, sans blindés et sans armes", a-t-il déclaré vendredi soir à la télévision ukrainienne.

Les combats font rage dans l'Est, où l'armée tente de couper les séparatistes des zones frontalières. Elle est parvenue ces dernières semaines à les repousser autour de leurs principaux bastions : Donetsk, Lougansk ou encore Gorlivka.

Les forces ukrainiennes ont repris en 24 heures aux insurgés deux localités situées à une vingtaine de kilomètres à l'est de Donetsk : Krasnogorivka et Staromykhaïlivka, selon un porte-parole militaire ukrainien.

Lougansk, ville qui comptait 500.000 habitants avant le début des hostilités, se trouve "bloquée et isolée" et "au bord d'une catastrophe humanitaire", a averti samedi le maire Serguiï Kravtchenko dans un communiqué. Il n'y a pas de couloir humanitaire sécurisé pour permettre aux habitants de quitter la ville pourtant privée d'électricité, d'eau et de communications, a-t-il dénoncé.

Il n'y a plus d'essence pour faire le plein des ambulances et des véhicules qui transportent les denrées alimentaires. "Il n'y a pas de livraisons d'eau potable et cela fait une semaine que l'eau de robinet ne l'est plus", s'est alarmée la mairie.

am-neo/gmo/sym

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