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Ouganda/homosexualité : satisfaction d'Onusida

01/08/2014 12:22 EDT | Actualisé 01/10/2014 05:12 EDT

Le programme Onusida a salué vendredi la décision de la Cour constitutionnelle ougandaise d'annuler une loi antihomosexualité qui avait suscité un tollé international.

"C'est un grand jour pour la justice sociale" et "la règle de droit a prévalu", a déclaré Michel Sidibé, directeur général d'Onusida, le programme qui coordonne l'action des agences spécialisées de l'Onu pour lutter contre la pandémie de Sida, dans un communiqué publié à Genève,

Bien que l'homosexualité reste illégale en Ouganda, l'annulation de la loi "pourrait avoir des répercussions positives sur le plan de la santé publique", a ajoute Onusida.

Des études ont en effet montré qu'il y a moins de tests anti-sida menés dans les pays où les relations sexuelles entre hommes sont susceptibles d'emprisonnement.

"Le président Yoweri Museveni m'a personnellement déclaré qu'il veut que l'Ouganda accélère sa réponse anti-Sida pour que tout un chacun ait accès à des services qui peuvent sauver la vie", a également dit M. Sidibé.

Onusida a encore lancé un appel à tous les gouvernements dans le monde afin de protéger les droits humains des gays, lesbiennes, bisexuels et transgenres.

Les juges ougandais ont estimé vendredi que le processus législatif était entaché de nullité, le quorum exigé par la Constitution lors du vote au Parlement n'ayant pas été atteint.

"L'adoption de la loi antihomosexualité le 20 décembre 2013, sans quorum à la Chambre", contrevient à plusieurs articles de la Constitution, ne respecte pas la procédure parlementaire et "est donc nulle et non avenue", a déclaré le juge Steven Kavuma, présidant la Cour constitutionnelle.

Cette loi, qui ajoutait notamment la répression de la "promotion de l'homosexualité" et l'obligation de dénoncer les homosexuels à une législation punissant déjà depuis plus d'un demi-siècle les relations homosexuelles de la prison à vie, avait suscité un tollé international.

L'annulation de la loi a été rapidement saluée sur Twitter par les défenseurs de la cause homosexuelle, même si les relations homosexuelles restent illégales en Ouganda et que les partisans de la loi n'ont pas forcément dit leur dernier mot.

Selon des ONG, cette loi antihomosexualité avait provoqué une hausse des abus contre les homosexuels en Ouganda - arrestations arbitraires et racket policier, licenciements, expulsions de leurs logements et agressions - et leur avait réduit l'accès aux services de santé et de prévention contre le sida en raison des craintes d'arrestation.

mnb/jeb

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