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Heurts entre réfugiés voulant entrer en Tunisie et les forces libyennes

01/08/2014 12:48 EDT | Actualisé 01/10/2014 05:12 EDT

Les forces libyennes ont tiré pour repousser une foule de réfugiés tentant de passer en Tunisie pour fuir les combats en Libye, blessant au moins un policier tunisien, tandis que Tunis a exhorté ses ressortissants à rentrer au plus vite au pays.

Le poste frontière de Ras Jedir, où l'incident a eu lieu, a été fermé en raison de ces heurts, selon des journalistes de l'AFP.

"A la suite de la tentative de centaines de ressortissants étrangers de forcer le poste-frontière de Ras Jedir pour entrer en Tunisie, le chef de la sécurité nationale à Ben Guerdane a été atteint à la jambe par une balle perdue provenant du côté libyen de la frontière", a indiqué le ministère de l'Intérieur dans un communiqué.

Selon une journaliste de l'AFP du côté tunisien du poste-frontière, des tirs réguliers ont été entendus provenant du côté libyen en fin de matinée. Dans la cohue, les forces tunisiennes ont pour leur part procédé à des tirs de sommation et de lacrymogènes en direction d'une foule bloquée entre les deux pays.

"La fermeture du poste frontière est temporaire", a cependant assuré à l'AFP le porte-parole du ministère de l'Intérieur Mohamed Ali Aroui, ajoutant que des renforts ont été déployés pour parer à d'éventuels nouveaux débordements et éviter l'entrée d'armes ou de combattants depuis la Libye.

Il n'était par ailleurs pas en mesure d'indiquer si les violences avaient fait des victimes, alors qu'un incident similaire a eu lieu jeudi. Les autorités libyennes n'ont fait état ni de morts ni de blessés.

Le ministère de l'Intérieur estime que quelque 6.000 personnes sont bloquées du côté libyen de Ras Jedir. Jusqu'à vendredi, la Tunisie a laissé entrer les Tunisiens et les Libyens en règle sur son territoire, mais n'autorise le passage des étrangers arabes et asiatiques vivant en Libye que si eux-mêmes ou leur gouvernement organisent un rapatriement immédiat.

La Tunisie a par ailleurs "exhorté" vendredi ses quelque 50.000 à 80.000 ressortissants présents en Libye à rentrer au pays "le plus vite possible", invoquant "la détérioration des conditions sécuritaires dans plusieurs villes libyennes".

Selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur, quelque 26.000 personnes, toutes nationalités confondues, ont pu passer la frontière entre les deux pays depuis le 29 juillet, dont 675 ont été rapatriées par l'Egypte en avion. Les autres seront autorisés à entrer en Tunisie à mesure que leurs compatriotes seront évacués.

La Tunisie craint d'être submergée par les réfugiés, comme cela avait été le cas en 2011, lors de la guerre qui a abouti à la chute du régime de Mouammar Kadhafi. "La situation économique dans notre pays est précaire et on ne peut pas supporter (l'arrivée) de centaines de milliers de réfugiés", a souligné cette semaine le ministre des Affaires étrangères Mongi Hamdi.

La Libye est le théâtre depuis la mi-juillet de combats meurtriers entre diverses milices à Tripoli, la capitale, et à Benghazi, ville de l'est dont la principale base militaire est tombée aux mains de groupes jihadistes.

Depuis la chute en octobre 2011 de Mouammar Kadhafi après huit mois de rébellion soutenue par les Occidentaux, les autorités libyennes ne parviennent pas à contrôler les dizaines de milices formées d'ex-insurgés qui font la loi en Libye, en l'absence d'une armée et d'une police régulières bien entraînées.

kl-alf/emb

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