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Equateur: un journal réduit sa voilure et dénonce une censure

01/08/2014 01:55 EDT | Actualisé 01/10/2014 05:12 EDT

Un journal national d'Equateur a annoncé vendredi avoir supprimé une de ses éditions, en mettant en cause un contrôle excessif de l'Etat à travers la nouvelle loi sur la communication.

"Il n'y a pas de liberté de la presse, c'est le règne de la censure et de l'autocensure", indique, dans une tribune, le quotidien La Hora, 41.000 exemplaires, un titre classé dans l'opposition par le gouvernement.

Le journal va suspendre après 16 ans de publication une de ses éditions régionales, dans la province de Manabi (sud-est), a confirmé à l'AFP l'éditeur général Luis Eduardo Vicanco.

Le Conseil national de régulation des médias, institué par la loi sur la communication, a réfuté la version du quotidien. "Cette fermeture n'a rien à voir avec la loi, c'est une stratégie commerciale", a réagi Paulina Mongrovejo, sa porte-parole.

En juin dernier, un autre quotidien, le journal Hoy, avait interrompu après 32 ans d'existence son édition imprimée pour préserver seulement sa version numérique, fustigeant également la loi adoptée à l'initiative du président socialiste Rafael Correa.

Cette législation vise à réguler le secteur des médias, interdisant par exemple aux banques de posséder un groupe de presse. Elle prévoit aussi la possibilité de sanctionner des publications pour des contenus jugés discriminatoires ou offensants.

Récemment, sur injonction du Conseil de régulation, un caricaturiste a dû présenter des excuses et rectifier un dessin qualifié d'offensant envers le chef de l'Etat.

Pour l'opposition, la loi constitue une volonté de censure déguisée, une inquiétude relayée par certaines organisations internationales.

Au pouvoir depuis 2007, M. Correa, une des figures de la gauche antilibérale en Amérique, accuse régulièrement les milieux d'affaires et la presse privée de vouloir le déstabiliser. Il a déjà attaqué à plusieurs reprises des journaux devant la justice.

Après la suspension de Hoy, le président équatorien avait réfuté toute responsabilité, assurant que le journal avait été victime de sa "mauvaise gestion".

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