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Echec du cessez-le-feu à Gaza: Washington montre le Hamas du doigt

01/08/2014 11:13 EDT | Actualisé 01/10/2014 05:12 EDT

Les Etats-Unis avaient, ces derniers jours, adopté un ton inhabituellement ferme vis-à-vis de leur allié israélien face aux nombre de victimes civiles à Gaza. Vendredi matin, quelques heures après l'échec du cessez-le-feu, ils ont désigné un seul responsable: le Hamas.

Alors qu'Israël et le Hamas se renvoyaient la responsabilité de la rupture de cette trêve de 72 heures, annoncée jeudi soir par le secrétaire d'Etat américain John Kerry, la Maison Blanche a dénoncé une violation "barbare" de l'accord par le mouvement islamiste palestinien.

La capture d'un soldat israélien, un sous-lieutenant de 23 ans, au cours d'un affrontement dans lequel deux soldats ont été tués, explique pour une large part cette condamnation extrêmement claire et rapide de Washington.

"Nous avons condamné sans équivoque le Hamas et les factions palestiniennes qui sont responsables de la mort de deux soldats israéliens et de l'enlèvement d'un troisième quelques minutes seulement après l'annonce d'un cessez-le-feu" de 72 heures, a déclaré M. Obama vendredi.

"S'ils sont sérieux dans leur volonté d'essayer de trouver une solution à cette situation, ce soldat doit être libéré sans condition, dès que possible", a affirmé le président américain.

Par ailleurs, selon lui, la mise en place d'une nouvelle trêve dans le conflit sera "très difficile (...) si les Israéliens et la communauté internationale ne peuvent pas avoir confiance dans le fait que le Hamas peut tenir ses engagements".

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry, très impliqué ces derniers jours pour pousser les deux parties à parvenir à un cessez-le-feu, a lui aussi condamné cet enlèvement, conscient du traumatisme qu'avait représenté le rapt en juin 2006 du soldat franco-israélien Gilad Shalit. Son enlèvement avait déclenché cinq mois d'opérations militaires à Gaza. Il a finalement été libéré en octobre 2011 en échange d'un millier de prisonniers palestiniens.

Selon un responsable américain, M. Kerry s'est entretenu par téléphone vendredi avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ainsi qu'avec les ministres des Affaires étrangères de la Turquie et du Qatar, deux pays considérés comme ayant potentiellement le plus d'influence sur le Hamas.

"Notre objectif reste inchangé: aboutir à un cessez-le-feu", a poursuivi ce responsable.

- "Nous avons été transparents" -

Interrogé sur une éventuelle ambiguïté dans les termes du cessez-le-feu, liée en particulier aux conditions dans lesquelles Israël était autorisé à poursuivre ses opérations "défensives" contre les tunnels creusés par le Hamas, le porte-parole de l'exécutif américain, Josh Earnest, a de son côté catégoriquement écarté cette hypothèse.

"Nous avons été transparents et toutes les parties impliquées ont été transparentes sur le contenu de cet accord. Le Hamas a la responsabilité de respecter l'accord et il ne l'a pas fait", a-t-il affirmé sur CNN.

Selon un responsable du Hamas au Caire, son organisation n'a pas mené d'opération après le début du cessez-le-feu.

La tonalité de la réaction de la Maison Blanche tranche avec les appels américains, formulés ces derniers jours avec une fermeté croissante, envers l'Etat hébreu pour qu'il "fasse plus" pour protéger les civils sur le terrain.

Le nombre de Palestiniens tués depuis le début de l'opération israélienne à Gaza le 8 juillet a désormais dépassé celui atteint pendant l'opération "Plomb Durci" en 2009.

Selon le porte-parole des services d'urgence, Achraf al-Qodra, la barre des 1.600 Palestiniens tués a été franchie vendredi. Selon l'ONU, les trois-quarts des morts sont des civils, dont de nombreux enfants. Plus de 230.000 réfugiés palestiniens s'entassent par ailleurs dans des conditions de précarité extrême dans les 85 centres de l'agence de l'ONU à Gaza.

C'est le bombardement de l'un de ces centres, mercredi, dans le camp de réfugiés de Jabaliya (nord de la bande de Gaza), qui a provoqué la réaction américaine la plus vive.

La Maison Blanche, qui a pris soin de souligner que la responsabilité israélienne dans ce bombardement meurtrier faisait peu de doute, a jugé "totalement inacceptable et totalement indéfendable" de bombarder un bâtiment de l'ONU "qui accueille des civils innocents qui fuient la violence".

Le cessez-le-feu entré en vigueur à 08H00 locales (05H00 GMT) et censé durer 72 heures, n'aura finalement pas tenu deux heures.

Au moins 40 Palestiniens ont été tués et plus de 250 blessés lors des opérations militaires israéliennes qui ont suivi vendredi la disparition du soldat israélien.

"Ce serait une tragédie que cette attaque scandaleuse (du Hamas) entraîne plus de souffrances et de nouvelle pertes en vies humaines des deux côtés", a souligné M. Kerry.

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