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Vente de navires français Mistral à la Russie: le Japon "observe avec attention"

24/07/2014 12:21 EDT | Actualisé 22/09/2014 05:12 EDT

Le Japon a dit jeudi observer attentivement l'intention de la France de livrer à la Russie deux navires de guerre Mistral, une vente controversée dans le contexte actuel de crise ukrainienne.

"Il y a sur cette question beaucoup de débats en Europe et je voudrais m'abstenir de commenter. Cependant, sur les deux navires, il semble que l'un soit destiné à être dépêché en Extrême-Orient, ce qui pour notre pays, du point de vue de la sécurité, doit être observé avec attention", a déclaré le porte-parole du gouvernement japonais, Yoshihide Suga, lors de son point de presse matinal.

La livraison prochaine des Mistral provoque des tensions entre Paris et ses alliés. Le président américain Barack Obama avait encore exprimé début juin son "inquiétude" sur la poursuite de tels contrats au moment où la Russie "a violé la loi internationale" en acceptant le rattachement de la péninsule ukrainienne de Crimée.

Mardi, le ton est encore monté à Washington: "nous estimons que personne ne devrait fournir d'armes à la Russie", a souligné devant des journalistes une porte-parole du département d'Etat, Marie Harf.

"Nous avons suffisamment de preuves sur le fait que les Russes bafouent les règles internationales et soutiennent les efforts pour violer l'intégrité territoriale de pays souverains indépendants", a renchéri Josh Earnest, le porte-parole de la Maison Blanche.

Le premier bâtiment Mistral sera livré en octobre, avait réaffirmé lundi le président français François Hollande: "les Russes ont payé. Il faudrait qu'on rembourse 1,1 milliard d'euros" si le bateau n'était pas livré, a-t-il justifié.

La livraison du deuxième navire, elle, "dépendra de l'attitude" de Moscou dans le conflit ukrainien, a-t-il cependant averti.

De leur côté, le Japon (principal allié des Etats-Unis en Asie) et la Russie entretiennent des relations ambigües: ils tentent de rester en bons termes pour des questions avant tout économiques et énergétiques (gaz naturel russe) mais n'ont jamais réussi à conclure de traité de paix en raison du conflit territorial de l'archipel des Kouriles du sud, appelé "Territoires du Nord" par les Japonais qui revendiquent la souveraineté sur quatre îles annexées par la Russie en 1945.

Or, Moscou a fait part à plusieurs reprises de son intention de mettre en oeuvre d'ici à 2016 un plan de réarmement des îles Kouriles.

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