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USA: la liste noire des terroristes dressée sur de simples soupçons (rapport)

23/07/2014 05:57 EDT | Actualisé 22/09/2014 05:12 EDT

Américains et étrangers sont inscrits secrètement sur la liste noire américaine du terrorisme sur de simples "soupçons raisonnables" qu'il n'est pas nécessaire d'étayer, et peuvent y rester bien après leur mort, selon un document du gouvernement publié mercredi.

Le document non classifié de 166 pages, rédigé par le Centre national du Contre-terrorisme (NCTC) et rendu public par le site internet The Intercept, dissèque les instructions que les différentes autorités américaines doivent suivre pour inscrire quelqu'un dans les principales bases de données de surveillance terroriste.

Au fil des cinq chapitres du "Guide des listes de surveillance", dressé en mars 2013 en collaboration avec les 19 agences militaires et judiciaires du renseignement, on apprend que "les preuves irréfutables et les faits concrets ne sont pas nécessaires" pour avoir "des soupçons raisonnables" de l'implication terroriste d'un individu et qu'il suffit d'avoir des "renseignements ou des informations que l'on peut verbaliser".

Fustigeant le jargon du document, The Intercept y voit un élargissement de l'autorité des responsables gouvernementaux à "nommer" des suspects de terrorisme sur la base de "vagues informations fragmentaires".

Le site, cofondé par le journaliste Glenn Greenwald, qui avait dévoilé les fuites de l'ancien consultant de la NSA Edward Snowden, souligne que le "guide" permet même aux morts de figurer parmi les quelque 464.000 noms listés.

Le NCTC craint en effet que l'identité des morts ou leurs documents de voyage ne soient réutilisés" de manière frauduleuse - une tactique terroriste éprouvée", a expliqué, dans un courriel à l'AFP, un porte-parole de l'Agence gouvernementale.

Il a souligné que les listes de surveillance continuaient à "mûrir pour s'adapter à une menace diffuse en constante évolution" et qu'elles avaient notamment été révisées après la tentative d'attentat du Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab, qui a tenté de faire détoner, à bord d'un avion à Noël 2009, un explosif dissimulé dans ses sous-vêtements.

chv/bdx

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