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Nouvelles dépouilles du vol MH17 attendues aux Pays-Bas, l'UE doit durcir ses sanctions

23/07/2014 10:56 EDT | Actualisé 22/09/2014 05:12 EDT

De nouvelles dépouilles de victimes de l'avion malaisien écrasé en Ukraine devaient être rapatriées jeudi aux Pays-Bas, tandis que l'Union européenne prévoit de renforcer les sanctions contre la Russie pour son rôle dans la crise.

Les ambassadeurs des 28 pays membres de l'UE se réunissent à Bruxelles dans la matinée pour décider d'une nouvelle liste de personnalités et d'entités russes visées par des sanctions en raison de leur soutien aux séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine.

Mercredi, près d'une semaine après le crash du Boeing 777 de la Malaysia Airlines à la suite d'un tir de missile, deux avions de chasse ukrainiens ont été abattus à quelques dizaines de kilomètres de la catastrophe. Kiev affirme qu'ils ont été touchés par des missiles lancés depuis le territoire de la Russie.

Pendant ce temps, les Pays-Bas accueillaient dans un silence chargé d'émotion les premières dépouilles des 298 victimes de la catastrophe, dont 193 étaient néerlandaises. De nouvelles dépouilles sont attendues jeudi.

Vers 16h00 (14h00 GMT) mercredi, le pays était à l'arrêt lorsque les deux avions transportant 40 cercueils de bois clair ont atterri à Eindhoven (sud). Ont alors retenti les clairons de l'armée, en hommage aux disparus.

- Minutes de silence et marche blanche -

Les drapeaux des pays ayant perdu des ressortissants dans la catastrophe étaient en berne à l'aéroport et une minute de silence a été observée par les familles présentes, ainsi que par Willem-Alexander et Maxima, le roi et la reine des Pays-Bas en tenue de deuil, et par le Premier ministre Mark Rutte.

Les membres des forces armées néerlandaises ont ensuite transporté, dans un silence absolu, les cercueils vers les corbillards qui devaient les emmener à la base militaire d'Hilversum, près d'Amsterdam, où le processus d'identification, qui pourrait prendre plusieurs mois, devait commencer.

La solennité de la cérémonie, retransmise en direct à la télévision, constituait un fort contraste avec les scènes de chaos filmées après l'accident en Ukraine.

Sur les bords de l'autoroute, sur les ponts ou devant la base militaire, des milliers de Néerlandais s'étaient massés et au passage du convoi, jetaient des fleurs et applaudissaient, en hommage aux victimes.

Alors que les familles ont dû attendre dans l'angoisse le rapatriement des premiers corps, de nombreux autres seraient encore sur place "à l'air libre", exposés "aux ravages de la chaleur et des animaux", affirme Tony Abbott, le Premier ministre de l'Australie, dont 28 citoyens ont péri dans le drame.

Le silence était impressionnant à l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol, d'où était parti l'avion jeudi midi, un lieu d'ordinaire bouillonnant d'activité.

Les larmes ont coulé devant la mer de fleurs déposées à l'entrée de l'aéroport, où aucun avion n'a atterri ou décollé pendant une minute.

Ailleurs dans le pays, la journée de deuil national, la première depuis la mort de la reine Wilhelmina en 1962, a été marquée par l'arrêt de trains, des tramways et du métro afin que chacun puisse observer la minute de silence tandis que sonnaient les cloches des églises du pays.

Dans la soirée, plusieurs milliers de personnes, pour la plupart vêtues de blanc, ont participé à une marche silencieuse dans les rues d'Amsterdam. Le cortège était long de plus d'un kilomètre.

De l'autre côté de la Manche, une minute de silence a été respectée lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux du Commonwealth, à Glasgow, en Ecosse. La reine Elizabeth II a appelé l'assistance à "s'unir" en ces temps difficiles.

- Mission policière internationale -

Selon Kiev, les Pays-Bas et l'Australie se sont dits prêts à envoyer "une mission policière sous l'égide de l'ONU", afin de préserver le lieu de l'accident, situé dans une zone contrôlée par les séparatistes, et d'assurer une enquête indépendante.

Après avoir été longtemps bloquées par les rebelles, la plupart des dépouilles mortelles avaient été acheminées mardi à Kharkiv à bord d'un train réfrigéré.

Les boîtes noires de l'avion malaisien sont, quant à elles, arrivées mercredi au Royaume-Uni pour y être analysées. Les données contenues dans l'une d'entre elles y ont été téléchargées avec succès.

Il est peu probable, cependant, qu'elles permettent d'identifier l'origine du tir fatal.

Les enquêteurs, qui examinent les boîtes noires, ont constaté que celle qui enregistre les conversations dans la cabine de pilotage n'avait pas été altérée.

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