POLITIQUE

Mike Duffy: les libéraux demandent la réouverture de l'enquête éthique (VIDÉO)

23/07/2014 11:49 EDT | Actualisé 22/09/2014 05:12 EDT

OTTAWA - Le Parti libéral a demandé à la commissaire à l'éthique du Canada de rouvrir sans tarder son enquête sur ce qui s'est passé au sein du bureau du premier ministre au sujet du chèque de 90 000 $ remis par Nigel Wright au sénateur Mike Duffy, mais Mary Dawson répond que cela n'est pas en son pouvoir pour le moment.

Les libéraux tentaient mercredi de remettre le projecteur sur Stephen Harper et les agissements de sa garde rapprochée dans le scandale des dépenses au Sénat.

Mais la commissaire Mary Dawson n'aurait pas le choix: elle serait tenue par la loi d'attendre qu'une décision définitive ait été prise relativement à toute cette affaire avant de se pencher à nouveau sur le cas de Nigel Wright, l'ex-chef de cabinet de M. Harper.

«Puisqu'il semble que certaines des accusations portées contre le sénateur Mike Duffy concernent le même objet, la commissaire ne peut reprendre son étude jusqu'à ce que le processus judiciaire soit terminé», a indiqué mercredi une porte-parole de son bureau.

Les libéraux redoutaient justement que l'enquête ne soit reprise qu'après la fin des poursuites criminelles contre le sénateur suspendu.

Celles-ci peuvent durer des années, avait averti le député libéral Geoff Regan, en point de presse, mercredi matin.

Et la mémoire des témoins va s'effacer, craint-il.

Les événements sont survenus il y a déjà plus d'un an. Attendre la fin des procédures judiciaires pourrait rendre l'enquête déontologique inutile, juge-t-il.

Et les Canadiens ont le droit de savoir tout ce qui a entouré la remise du chèque de 90 000 $ à M. Duffy, fait valoir M. Regan.

«En fait, les Canadiens veulent non seulement que l'enquête soit poursuivie, mais qu'elle soit étendue», avait-il précisé mercredi matin, notant que de nombreux témoins ont été cités dans les documents déposés à la Cour par la Gendarmerie royale du Canada (GRC), dont des proches de Stephen Harper.

M. Duffy nie avoir commis un acte criminel.

La commissaire Mary Dawson avait entrepris l'an dernier une enquête sur cette portion du scandale des dépenses au Sénat et sur ce qui a été fait par le bureau du premier ministre pour camoufler l'affaire.

Elle avait suspendu son enquête en juin 2013 lorsque la GRC avait annoncé qu'elle entreprenait une enquête criminelle.

Mais puisque la GRC a déposé la semaine dernière 31 accusations contre M. Duffy et déclaré son enquête close, il est temps que l'enquête de la commissaire à l'éthique recommence, avançait mercredi matin M. Regan, avant d'avoir communiqué avec le bureau de Mme Dawson. Quant à Nigel Wright, la GRC avait indiqué qu'aucune accusation ne serait déposée.

Le député libéral a donc écrit mercredi à la commissaire pour lui demander de réactiver le dossier.

«Il est inacceptable que ceux impliqués dans ce scandale s'en tirent parce qu'on n'a pas demandé une enquête pendant tout ce temps», soutenait-il.

Le sénateur de 68 ans doit comparaître en cour le 16 septembre.

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