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Mexique: "Sans discipline, il n'y a rien", dit "Mama Rosa"

23/07/2014 03:55 EDT | Actualisé 21/09/2014 05:12 EDT

"Mama Rosa", la directrice du foyer mexicain qui abritait des centaines de mineurs et où la police est intervenue à la suite de plaintes pour rétention forcée, violences et abus, a souligné dans un premier interview que "sans discipline, il n'y a rien".

L'octogénaire, que la justice a renoncé à poursuivre en raison de sa "sénilité", a quitté mardi l'hôpital où elle a subi des examens à la suite du choc provoqué par l'intervention policière dans le foyer qu'elle dirigeait depuis plus de 60 ans.

Dans cette interview accordée au journaliste mexicain Leon Krauze, fils de l'historien Enrique Krauze, qui a été l'un des premiers intellectuels à défendre la directrice face aux accusations dont elle faisait l'objet, Rosa del Carmen Verduzco, surnommée "Mama Rosa", a expliqué qu'elle était "dure dans la vie, la vie m'a rendue dure".

"Et je sais que sans discipline, il n'y a rien", a-t-elle ajouté lors de ces quelques minutes d'entretien publiées sur le site de la chaîne américaine de télévision Univision et où on la voit vêtue d'un pull rouge avec le logo de "La Grande Famille", le nom du foyer.

Elle a justifié le fait que les parents ayant placé leurs enfants dans son foyer ne pouvaient les réclamer tant que ceux-ci n'avaient pas atteint leurs 18 ans en expliquant que le centre n'était "ni un internat ni une garderie où je t'emmène le matin et je te reprends le soir".

"Nous sommes une famille, et on ne rompt pas quotidiennement les relations avec sa famille", a-t-elle ajouté.

"Mama Rosa" a justifié aussi le fait que les plus de 600 jeunes, dont plus de 400 mineurs, se voyaient souvent servir de la nourriture avariée: "Les gens qui ont un bon niveau de vie pensent que consommer de la nourriture périmée est très mauvais, mais moi ça fait quasiment 80 ans que je vis comme ça".

Estimant avoir élevé quelque 4.000 enfants dans son foyer, "Mamá Rosa" s'est dite "sûre d'une chose, c'est que je leur ai donné la seule chose que j'ai, ma vie".

Le ministre de la Justice, Jesus Murillo Karam, en annonçant la libération de "Mama Rosa", avait précisé que les experts avaient conclu que son état physique et mental la "rendait incapable" de contrôler le foyer, et qu'il n'y aurait pas d'action à son encontre en raison de la "sénilité".

Il a toutefois indiqué qu'il y avait eu de "très nombreuses" accusations d'internes contre "Mama Rosa", "en particulier pour des coups" qu'elle leur infligeait.

Six employés du foyers - cinq hommes et une femme - sont accusés d'enlèvement de mineurs et de traite de personnes dans le but de les obliger à mendier, et trois d'entre eux sont l'objet d'une enquête pour agressions sexuelles contre des internes.

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