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Le chômage très élévé des jeunes menace "l'avenir" de l'Afrique (ministres)

23/07/2014 01:58 EDT | Actualisé 22/09/2014 05:12 EDT

Les ministres africains en charge de l'emploi ont estimé, mercredi à Abidjan, que le taux très élevé de chômage chez les jeunes constituait une menace pour "l'avenir et la stabilité" du continent noir.

"60% des 300 millions de jeunes âgés entre 15 et 35 ans, soit plus de la moitié de la population sont au chômage" ont déploré, dans un rapport, les 25 ministres membres de l'Association, pour le développement et l'éducation en Afrique (ADEA), réunis depuis mardi à Abidjan.

"60% (...) c'est la moyenne car vous avez des pays où cela frise les 80%. C'est un problème très très sérieux" a expliqué à l'AFP, Hamidou D. Boukary, spécialiste de l'éducation au sein de l'ADEA, un projet de la Banque africaine de développement (BAD).

"Ces jeunes désoeuvrés dont 80% vivent avec moins de deux dollars par jour, sont une menace pour la stabilité et l'avenir du continent" a poursuivi M. Boukary, rédacteur du rapport sur la "situation de l'emploi des jeunes en Afrique".

Pour lui, "ces jeunes gagnés par le désespoir pourraient grossir le rangs de groupes djihadistes comme dans le Sahel (...) ou se lancer, au péril de leur vie, dans l'immigration clandestine à travers le désert et la méditerranée".

De son côté, le ministre ivoirien de l'Emploi et de la formation professionnelle, Moussa Dodo a pointé du doigt un système éducatif en Afrique qui n'attire "seulement que 5% des jeunes dans la formation professionnelle", instaure le "chômage de longue durée" et réduit l'"accès des jeunes à un premier emploi".

Des ministres africains ont souhaité, à la mi-juillet à Abidjan une augmentation en 2015 des budgets destinés à l'éducation dans les pays d'Afrique francophone, afin d'enrayer la dynamique de sous-développement.

Cette réforme prévoit également d'atteindre "une adéquation entre la formation et le marché de l'emploi", face à un système actuel qui produit "de nombreux chômeurs".

Actuellement évaluées à 4% du produit intérieur brut, les ressources investies dans l'éducation devraient atteindre 6 à 8% du PIB l'an prochain, se sont engagés les 27 pays africains membres de la Conférence des ministres de l'Education des Etats et gouvernements de la francophonie (Confemen).

Plus de la moitié des enfants non scolarisés de la planète vivent en Afrique, soit 33 millions, les filles ayant moins de chances que les garçons de ne pas aller à l'école, selon l'Unicef, l'agence onusienne en charge de l'enfance.

ck/jmc

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