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La Russie somme Kiev de ne pas ratifier en l'état l'accord avec l'UE (ministre)

23/07/2014 11:01 EDT | Actualisé 22/09/2014 05:12 EDT

La Russie a menacé mercredi de claquer la porte des consultations concernant l'application de l'accord d'association signé entre l'Ukraine et l'Union européenne si Kiev le ratifiait en l'état.

S'exprimant sur la volonté de Kiev de vouloir ratifier rapidement l'accord signé la 27 juin à Bruxelles, le ministre de l'Économie Alexeï Oulioukaev a prévenu: "Si l'Ukraine entreprend de telles actions, nous considérerons que nous ne sommes plus tenus par l'obligation de participer aux consultations et pourrons prendre des mesures unilatérales pour défendre nos intérêts économiques".

"Le sujet de ces consultations est justement le contenu du texte de l'accord", a souligné le ministre, cité par les agences russes.

L'accord commercial vise en particulier à supprimer l'essentiel des barrières douanières entre l'Ukraine et les pays de l'UE. La Russie craint une arrivée de produits fabriqués dans l'UE, via l'Ukraine, au détriment de sa production nationale, et estime que Kiev ne peut pas disposer de conditions commerciales privilégiées à la fois avec Bruxelles et Moscou.

L'Ukraine disposait jusque là, dans le cadre de la Communauté des États indépendants (CEI) qui associe plusieurs ex-républiques d'URSS, d'un régime préférentiel pour ses exportations vers la Russie.

De hauts représentants de l'Union européenne, de la Russie et de l'Ukraine ont lancé le 11 juillet une phase de consultation qui doit se poursuivre tout l'été. Le calendrier prévoit que la Russie détaille ses "préoccupations" d'ici au 20 juillet, avant que des experts des trois pays ne les examinent jusqu'au 3 septembre. Une nouvelle réunion tripartite est prévue pour le 12 septembre à Bruxelles.

Un haut responsable de la présidence ukrainienne, Valéri Tchaly, a assuré mercredi que le processus de ratification poursuivait son cours en vue d'être achevé "avant septembre", selon un communiqué de l'administration présidentielle.

Moscou n'a cessé de mettre en garde l'Ukraine, dont le quart des exportations part vers la Russie, mais aussi la Moldavie qu'elle prendrait des mesures de rétorsion commerciale afin de protéger son économie en cas d'accord avec l'UE.

Elle a déjà introduit des limitations sur certains produits de ces deux pays, officiellement pour des motifs sanitaires.

"Nous serons contraints d'introduire des mesures de protection", a répété mercredi le Premier ministre Dmitri Medvedev.

Un conseiller des services vétérinaires russes, Alexeï Alexeïenko, a prévenu de son côté que les importations de produits alimentaires ukrainiens pourraient être totalement interrompues.

"Quand (Kiev) va commencer à respecter les normes européennes, différentes des russes, une série de questions va se poser", a-t-il expliqué à l'agence Ria-Novosti, ajoutant que les services vétérinaires ukrainiens n'avaient pas répondu aux propositions russes de négocier sur ce sujet.

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