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Japon: déficit commercial record au premier semestre, deux ans dans le rouge

23/07/2014 11:20 EDT | Actualisé 22/09/2014 05:12 EDT

Deux ans de déficits commerciaux ininterrompus, avec à la clé un record au premier semestre : le Japon, qui n'avait jamais connu une telle série noire, ne parvient pas à redonner à son commerce extérieur son élan d'antan, ont confirmé des statistiques publiées jeudi.

Au cours des six premiers mois de l'année 2014, les comptes commerciaux du Japon ont affiché un solde négatif de 7.598 milliards de yens (55,5 milliards d'euros), en hausse de 57,9% par rapport à celui du premier semestre 2013, a annoncé le ministère des Finances.

Ce montant n'avait jamais été atteint depuis le lancement de cette statistique sous cette forme en 1979.

Ancrée dans le rouge chaque mois depuis deux ans exactement, la troisième puissance économique mondiale traverse une mauvaise passe inédite, conséquence indirecte de l'accident nucléaire de Fukushima.

Après le désastre atomique de mars 2011, l'archipel a progressivement dû importer de plus en plus d'hydrocarbures pour alimenter ses centrales thermiques, et ainsi compenser l'arrêt actuellement total des réacteurs nucléaires du pays.

Autrefois habitué à des excédents réguliers soutenus par la puissance de ses industries exportatrices (électronique, automobile, etc.), le Japon ne parvient pas à se rétablir. Il faut remonter à juin 2012 pour trouver un excédent commercial, qui plus est bien maigre (56 milliards de yens).

Pour les six derniers mois, la faute en revient aux importations qui ont grimpé de 10% en valeur, à 42.648 milliards de yens (311,5 milliards d'euros), un record.

Le coût des hydrocarbures a encore pesé lourd. Les achats de semi-conducteurs et composants électroniques (venus notamment de Chine et autres pays d'Asie où sont installées des usines délocalisées de groupes nippons) ont par ailleurs bondi de 30%.

La valeur de ces importations s'est trouvée de surcroît mécaniquement renchérie par la forte dépréciation du yen, du fait de la politique d'assouplissement de la banque centrale du Japon.

Dans le même temps, et c'est un gros problème pour le gouvernement de droite de Shinzo Abe, les exportations ont peiné à décoller. Elles ont affiché une timide hausse de 3,2% en valeur, mais ont fléchi de 0,2% en volume, à 35.049 milliards de yens (256 milliards d'euros).

Le secteur de l'automobile, les instruments scientifiques et les produits plastiques ont néanmoins permis de sauver la face.

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