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Espagne: deux poids lourds du parti conservateur au pouvoir envoyés en prison

23/07/2014 10:52 EDT | Actualisé 22/09/2014 05:12 EDT

La justice espagnole a décidé mercredi d'envoyer en prison deux poids lourds du parti conservateur au pouvoir dans le pays, l'ex-président des Baléares Jaume Matas et un ancien responsable provincial, Carlos Fabra, condamnés dans des affaires de corruption et fraude parmi les plus retentissantes des dernières années.

Jaume Matas avait été condamné en 2012 à six ans de prison - une peine par la suite réduite à neuf mois - pour malversations et trafic d'influence dans le cadre de l'affaire Palma Arena, du nom d'un vélodrome de Palma de Majorque dont le financement est au coeur d'un vaste scandale.

C'est dans une autre ramification de ce dossier, appelée "affaire Noos", que le beau-frère du roi d'Espagne Felipe VI, Iñaki Urdangarin, et la soeur du roi, Cristina, sont mis en examen.

Jaume Matas, qui fut ministre de l'Environnement dans le gouvernement conservateur de José Maria Aznar entre 2000 et 2003, doit être emprisonné pour purger sa peine de neuf mois de prison, le tribunal provincial de Palma de Majorque ayant rejeté deux recours, selon une décision publiée mercredi.

Dans l'un des deux recours, l'élu local, président de la région des Baléares entre 1996 et 1999 puis entre 2003 et 2007, avait demandé que son incarcération soit retardée en attendant l'examen d'une demande de grâce partielle adressée au gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, après le rejet d'une précédente demande.

Un autre influent responsable de droite, Carlos Fabra, ex-président de la province de Castellon, dans l'est de l'Espagne, a vu mercredi sa condamnation à quatre ans de prison pour fraude fiscale confirmée par le Tribunal Suprême, la plus haute instance pénale du pays. Jusqu'ici laissé libre, il devra à présent purger sa peine, a indiqué une source judiciaire.

Sa condamnation en novembre 2013 avait mis un terme à une instruction de dix ans, devenue l'un des symboles des affaires de corruption qui éclaboussent depuis des années de nombreux hommes politiques en Espagne.

Poids lourd du Parti populaire (PP) de Mariano Rajoy, qu'il a dirigé pendant vingt ans dans la province de Castellon, Carlos Fabra avait été visé en 2003 par deux plaintes déposées par un chef d'entreprise qui l'accusait d'avoir touché des commissions en échange de contrats publics pour son entreprise de produits phytosanitaires.

En 2005, le Trésor public avait à son tour engagé des poursuites pour fraude fiscale présumée entre 1999 et 2003.

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