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En deuil, les Pays-Bas attendent les premiers morts du vol MH17

23/07/2014 09:30 EDT | Actualisé 22/09/2014 05:12 EDT

Les Pays-Bas attendaient avec anxiété mercredi le retour des premières dépouilles des victimes du crash du vol MH17, décrétant une journée exceptionnelle de deuil national pour les 298 victimes, dont 193 étaient néerlandaises.

En Ukraine, dans le territoire contrôlé par les séparatistes, deux avions de chasse ukrainiens ont été abattus, peut-être non loin du lieu du crash du vol MH17 de la Malaysia Airlines.

Près d'une semaine après le drame, les 40 premiers cercueils en bois sont partis dans la matinée par avion depuis l'aéroport de Kharkiv, ville dans l'est de l'Ukraine sous contrôle du gouvernement de Kiev.

Les cercueils devraient arriver à l'aéroport d'Eindhoven, dans le sud des Pays-Bas, vers 15H50 (13H50 GMT), où de nombreux bouquets de fleurs ont été déposés en hommage aux victimes.

"Ce qui s'est passé m'a profondément touché et j'ai moi-même des enfants, des parents, et je ne voudrais pas être à la place, justement, des parents, enfants, amis, proches ou autre", assure à l'AFP Adil, déposant un bouquet de fleurs.

Les clairons de l'armée résonneront sur le terrain en hommage aux disparus du vol MH17, abattu peut-être "par erreur" par des séparatistes prorusses, et une minute de silence sera observée en présence des familles et proches des victimes, du couple royal et des membres du gouvernement, dont le Premier ministre Mark Rutte.

- Une minute de silence dans tout le pays -

Selon Tony Abbott, le Premier ministre de l'Australie, dont 28 citoyens sont décédés dans le drame, de nombreux corps seraient encore sur place "en plein air", exposés "aux ravages de la chaleur et des animaux".

"Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour trouver les responsables de cette tragédie (...) et les punir. La Russie pour nous est responsable", a lancé le vice-Premier ministre ukrainien Volodymyr Groïsman sur le tarmac de l'aéroport de Kharkiv.

Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Frans Timmermans, va repartir pour l'Ukraine jeudi soir en compagnie de son homologue australienne, Julie Bishop, afin de discuter avec Kiev du "rapatriement des corps et de l'enquête sur le crash".

Aux Pays-Bas, les cloches des églises sonneront cinq minutes avant l'arrivée des avions à Eindhoven.

Après l'atterrissage des deux avions, les cercueils seront emmenés, dans une longue procession de corbillards, vers la base militaire d'Hilversum, où le processus d'identification commencera.

Sur les 100 kilomètres entre l'aéroport d'Eindhoven et Hilversum, les autoroutes ont été fermées afin de permettre à la funèbre procession de passer.

Trains et trams seront également à l'arrêt tandis qu'à l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol, d'où le vol MH17 avait décollé, les avions ne décolleront ou n'atterriront pas pendant une minute.

Ce jour de deuil est le premier depuis la mort en 1962 de la reine Wilhelmina, qui avait régné pendant les deux guerres mondiales.

Les boîtes noires de l'avion malaisien sont arrivées mercredi au Royaume-Uni pour y être analysées. Il est peu probable, cependant, qu'elles permettent d'identifier l'origine du tir fatal.

Le Boeing 777 qui assurait la liaison Amsterdam-Kuala-Lumpur a été abattu par un missile parti de la zone contrôlée par les rebelles soutenus par la Russie, selon les Etats-Unis.

"L'explication la plus plausible c'est qu'il s'agit d'une erreur" et que le missile a été tiré "par un équipage mal entraîné", alors que le système utilisé --une batterie de missiles sol-air de fabrication russe Bouk-- demande un certain savoir-faire, a indiqué un haut responsable du renseignement américain qui a requis l'anonymat.

- Mission policière internationale -

Le président ukrainien Petro Porochenko s'est entretenu mardi soir au téléphone avec le Premier ministre Mark Rutte.

Ce dernier s'est dit prêt à envoyer avec l'Australie et d'autres pays victimes de la catastrophe "une mission policière sous l'égide de l'ONU" afin de préserver le lieu du crash en zone contrôlée par les séparatistes et assurer une enquête indépendante.

Après avoir été longtemps bloquées par les rebelles, la plupart des dépouilles étaient arrivées mardi à Kharkiv à bord d'un train réfrigéré.

La chancelière allemande Angela Merkel a appelé mercredi la Russie à "faire plus en direction des séparatistes qui empêchent de façon inacceptable le contrôle de la zone" du crash, dans un entretien avec le Premier ministre malaisien Najib Razak.

Le président américain Barack Obama a affirmé que Moscou ferait face à des "coûts supplémentaires" en cas de poursuite de sa stratégie de déstabilisation en Ukraine.

L'Union européenne établira pour sa part jeudi une nouvelle liste de personnalités et entités russes visées par des sanctions ciblées en raison de leur soutien aux séparatistes.

Sur le terrain, la situation a été très tendue dans les deux capitales régionales de Donetsk et de Lougansk sous contrôle des séparatistes.

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