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Crash: les premiers corps en route pour les Pays-Bas, inquiétude pour les dépouilles manquantes

23/07/2014 05:26 EDT | Actualisé 22/09/2014 05:12 EDT

Les premiers corps de victimes du crash du vol MH17 en Ukraine sont partis par avion pour les Pays-Bas qui observent mercredi un jour de deuil national en hommage à 193 de leurs ressortissants morts dans cet avion, abattu peut-être "par erreur" par des séparatistes prorusses.

Six jours après la catastrophe qui a fait 298 morts en zone rebelle dans l'est de l'Ukraine et provoqué un choc et l'indignation dans le monde, de nombreux corps seraient encore sur le lieu du crash "en plein air", s'est indigné mercredi le Premier ministre australien Tony Abbott.

Le site du crash était désert mercredi matin, aucun secouriste ni garde n'y étant visible, selon un journaliste de l'AFP.

"Il est tout à fait possible que beaucoup de corps soient encore là-bas, en plein air, sous le soleil de l'été européen, soumis à des interventions extérieures et aux ravages de la chaleur et des animaux", a déclaré M. Abbott.

A Kharkiv, ville dans l'est de l'Ukraine sous contrôle du gouvernement de Kiev, une minute de silence a été observée à l'aéroport d'où quarante cercueils avec les dépouilles sont partis mercredi quelques minutes avant midi (9H00 GMT) vers les Pays-Bas.

Avant d'être portés dans l'avion, quatre cercueils en bois clair avaient été posés sur des catafalques marrons près de l'avion, selon une journaliste de l'AFP. Quarante cercueils au total devaient partir mercredi à bord de deux avions.

Des dizaines de policiers en uniforme bleu étaient au garde à vous derrière l'un des deux avions Hercule C-130.

Les boîtes noires transmises aux enquêteurs néerlandais, qui vont diriger l'enquête internationale sur la cause du crash sont arrivées mercredi au Royaume-Uni, où elles été remises aux enquêteurs britanniques pour être analysées.

Il est peu probable, cependant, qu'elles permettent d'identifier l'origine du tir fatal.

Le Boeing 777 qui assurait la liaison Amsterdam-Kuala-Lumpur a très probablement été abattu par un missile parti de la zone contrôlée par les rebelles soutenus par la Russie, selon les Etats-Unis.

"L'explication la plus plausible c'est qu'il s'agit d'une erreur" et que le missile a été tiré "par un équipage mal entraîné", alors que le système utilisé --une batterie de missiles sol-air de fabrication russe Bouk-- demande un certain savoir-faire et de l'entraînement, a indiqué un haut responsable du renseignement américain qui a requis l'anonymat.

Le président américain Barack Obama a affirmé que Moscou ferait face à des "coûts supplémentaires" en cas de poursuite de sa stratégie de déstabilisation en Ukraine.

L'Union européenne prépare de son côté de nouvelles sanctions ciblées contre la Russie accusée de fournir des armes aux insurgés.

- Mission policière internationale -

Le président ukrainien Petro Porochenko a déposé mardi soir des fleurs devant l'ambassade néerlandaise à Kiev et s'est entretenu au téléphone avec le Premier ministre Mark Rutte.

Ce dernier s'est dit prêt à envoyer avec l'Australie et d'autres pays victimes de la catastrophe "une mission policière sous l'égide de l'ONU" afin de préserver le lieu du crash en zone contrôlée par les séparatistes et assurer une enquête indépendante.

Après avoir été longtemps bloquées par les rebelles, la plupart des dépouilles sont arrivées mardi à Kharkiv à bord d'un train réfrigéré, mais des fragments de corps se trouvent encore sur le site du crash non sécurisé, a indiqué la mission d'observation de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

La chancelière allemande Angela Merkel a appelé mercredi la Russie à "faire plus en direction des séparatistes qui empêchent de façon inacceptable le contrôle de la zone" du crash, dans un entretien avec le Premier ministre malaisien Najib Razak.

- Sanctions élargies contre la Russie -

L'UE établira jeudi une nouvelle liste de personnalités et entités russes visées par des sanctions ciblées en raison de leur soutien aux séparatistes prorusses, a annoncé la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton.

Les mesures sectorielles pourraient toucher les secteurs des technologies clés et militaires ainsi que l'accès aux marchés financiers européens, les biens dits à double usage civil et militaire et le secteur de l'énergie.

La pression a encore augmenté sur la France pour qu'elle renonce à livrer à la Russie les navires militaires Mistral, conformément à un contrat signé en 2011.

Sur le terrain, la situation a été très tendue dans les deux capitales régionales de Donetsk et de Lougansk sous contrôle des séparatistes.

Trois civils ont été tués au cours des dernières 24 heures à Lougansk alors qu'à Donetsk où les combats ont fait rage aux abords de la ville ces derniers jours, des tirs et des explosions ont retenti toute la nuit, selon la mairie.

Le président Petro Porochenko a promulgué une loi sur la mobilisation partiellle alors que Kiev reste préoccupé par la présence de plus de 40.000 soldats russes massés à la frontière russo-ukrainienne, avec des centaines d'armes lourdes.

Le chef de la diplomatie ukrainienne, Pavlo Klimkine, a affirmé la veille à Bruxelles que "même après l'acte terroriste contre l'avion malaisien, la Russie n'a pas cessé ses livraisons illégales d'armes et de matériel militaire en Ukraine".

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