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Son et lumière pour les chauves-souris

22/07/2014 11:00 EDT | Actualisé 21/09/2014 05:12 EDT

On sait que les chauves-souris, seuls mammifères capables de voler, s'orientent grâce à l'écholocalisation. Une nouvelle étude montre qu'elles utilisent aussi une autre technique, identifiée chez d'autres animaux mais jamais jusqu'ici chez le mammifère, la lumière polarisée.

Les chauve-souris ont la faculté d'émettre des sons pour se déplacer dans l'obscurité en fonction de l'écho que ceux-ci renvoient.

"Mais cela ne marche que jusqu'à environ 50 mètres", souligne Stefan Greif (Université Queen's, Belfast, Royaume-Uni), principal auteur de l'étude publiée mardi dans la revue Nature Communications. "Elles doivent donc utiliser un autre sens pour aller plus loin", poursuit le chercheur.

Des études antérieures ont suggéré que les chauves-souris pouvaient détecter les plans de polarisation du ciel lorsqu'elles sortent de leurs grottes à la tombée de la nuit pour se nourrir d'insectes.

La lumière est une onde électromagnétique. Lorsque des animaux comme les abeilles ou les oiseaux s'orientent grâce à la polarisation du ciel, c'est la direction de l'oscillation de la lumière qu'ils perçoivent et utilisent pour régler leur boussole interne.

La technique fonctionne même lorsque le soleil n'est plus visible, par temps nuageux ou à la tombée de la nuit.

La polarisation de la lumière est la plus forte précisément au lever et au coucher du soleil, quand les chauves-souris quittent leurs abris en quête de nourriture ou au contraire y reviennent, avant le réveil de leurs prédateurs.

L'équipe de Stefan Greif a soumis à une expérience d'orientation, en Bulgarie, 70 femelles adultes de Grand murin (Myotis myotis), une espèce de chauves-souris présente en Europe.

Les chauves-souris ont été relâchées de nuit, à environ 20 à 25 km de leur gîte, après avoir été exposées, au coucher du soleil, à différents plans de polarisation du ciel. Grâce à un système de cages spécialement aménagées, certaines ont été exposées au plan de polarisation "naturel", tandis que pour d'autres, il était dévié de 90 degrés.

Les animaux étaient équipés de petits radiotransmetteurs, pour pouvoir suivre leur trajectoire.

Les chercheurs ont constaté que les deux groupes partaient dans des directions différentes, les chauves-souris exposées au plan de polarisation naturel étant plus nombreuses à se rapprocher de leur gîte.

Les résultats de l'expérience confortent l'hypothèse selon laquelle les chauves-souris utilisent bien la polarisation de la lumière pour s'orienter, estiment-ils.

Mais ce qu'ils ignorent toujours, c'est comment elles détectent la lumière polarisée.

Chez d'autres animaux, on a au moins une idée des mécanismes en jeu. Les abeilles ont des photorécepteurs spécialement conçus. Les cellules visuelles des oiseaux, poissons, amphibiens et reptiles seraient également adaptées pour leur permettre de détecter la polarisation.

"Nous ne savons cependant pas quelle structure ces chauves-souris peuvent utiliser", reconnaît Richard Holland (Université Queen's), co-auteur de l'étude.

vm/pjl/phc

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