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Lac-Mégantic: des pressions pour vendre dans la zone rouge

22/07/2014 02:29 EDT | Actualisé 21/09/2014 05:12 EDT
Eric Beaupré

Les propriétaires de la zone rouge à Lac-Mégantic se retrouvent devant un choix déchirant : rester et courir le risque de contamination résiduelle ou bien vendre immédiatement. Certains disent faire l'objet de pression, voire d'intimidation, pour choisir la deuxième option.

Un texte de Denis-Martin Chabot Twitter Courriel

Après l'annonce d'une aide gouvernementale de 60 millions de dollars, ils ont été convoqués à des rencontres avec des représentants de la Ville et des ministères responsables pour prendre connaissance d'une éventuelle offre d'achat. Ces rencontres commencent cette semaine.

Hélène Rodrigue, dont la maison est située en plein cœur de la zone rouge, fait partie de ceux qui ne veulent pas partir. Et, selon les analyses faites pour le compte du ministère de l'Environnement, sa demeure n'a pas été contaminée.

Elle a l'intention de retourner y vivre lorsque le reste de la zone rouge sera décontaminé. Or, certains croient que le pétrole déversé est là pour longtemps.

Avec de tels dangers de contamination résiduelle, le propriétaire risque gros.

« Et qui va le financer et qui va l'assurer? Vous voyez là qu'il y a beaucoup de problèmes qui surgissent. Et dans deux ans, l'offre que le gouvernement a faite, elle ne serait peut-être pas disponible », dit Michel Duval, directeur général de la Caisse populaire de la région de Mégantic. Alors, « aussi bien vendre maintenant ».

Michel Duval fait également partie d'un groupe de gens d'affaires qui souhaitent redévelopper le centre-ville. Mais le mouvement citoyen Le carré bleu ne partage pas cette opinion et souhaite que la reconstruction de la ville se fasse avec plus de transparence.

« D'où viennent ces faits? Est-ce qu'il y a des faits qui peuvent appuyer ça? Est-ce qu'il y a des expertises qui ont été faites au niveau de la contamination résiduelle qui se ferait dans deux ou trois ans? », se demande le porte-parole du Carré Bleu, un mouvement citoyen, Jonathan Santerre.

Pas de pression du côté des assureurs et des prêteurs

Pour le moment, les assureurs disent ne pas avoir l'intention d'abandonner les propriétaires de la zone rouge.

« Les assureurs renouvellent les contrats. D'ailleurs, l'événement s'est produit il y a plus de 12 mois, et il y a des contrats qui ont été renouvelés. Les gens n'ont pas à s'inquiéter, » souligne la porte-parole du Bureau des assurances du Canada, Line Crevier.

Même message de la part des prêteurs.

« Il n'y a aucune contre-indication par rapport à un financement hypothécaire ou un renouvellement hypothécaire pour les gens qui sont du secteur », indique quant à lui Julien Chaumont, courtier immobilier hypothécaire.

Lors de notre passage à Lac-Mégantic, les équipes s'affairaient dans la zone rouge. Or, plus on creuse, plus on trouve des sols contaminés. Une situation inquiétante et épuisante pour plusieurs.

Plus d'un an après la tragédie, l'incertitude perdure à Lac-Mégantic.

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