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La Lituanie met en garde L'UE contre une "mistralisation" de sa politique

22/07/2014 04:10 EDT | Actualisé 20/09/2014 05:12 EDT

La présidente lituanienne Dalia Grybauskaite a lancé une mise en garde mardi contre "une mistralisation" de la politique de l'Union européenne, pointant de nouveau la France pour sa vente de porte-hélicoptères Mistral à la Russie.

"Nous assistons à une mistralisation de la politique de l'Union européenne", a déclaré Mme Grybauskaite à la radio publique LRT, en référence à ce contrat d'une valeur de 1,1 milliard d'euro, pour lequel France s'attire des critiques des Occidentaux.

"Les valeurs et la sécurité sont trahies au profit des affaires, la règle ++achète et règne++ étant pleinement appliquée", par la Russie pour diviser les membres de l'UE, a-t-elle déclaré paraphrasant le proverbe "diviser pour régner".

"La vente de technologies militaires à la Russie dans les circonstances actuelles ne peut pas être tolérée", a-t-elle ajouté.

La déclaration de la présidente lituanienne, connue pour son franc parler, intervient au moment où les ministres des Affaires étrangères européens doivent se rencontrer mardi à Bruxelles pour décider d'un éventuel durcissement des sanctions contre la Russie dans la crise ukrainienne après le crash de l'avion malaisien.

Selon la présidente lituanienne, une politique "indécise" de l'UE constitue "une invitation directe pour l'agresseur à être plus agressif dans l'avenir".

Les pays baltes et la Pologne, qui ont rejoint l'UE et l'Otan après la chute du communisme, sont préoccupés par le développement de la crise en Ukraine.

"Le nazisme n'a pas été arrêté dans les années 1930 et nous assistons en ce moment à du chauvinisme de la Grande Russie qui conduit à des choses comme une attaque contre un avion civil", a déclaré Mme Grybauskaite.

"Ceux qui ont organisé, commandé et livré des armements doivent être jugés devant la Cour internationale de justice de La Haye", a-t-elle ajouté.

La présidente lituanienne devait participer mardi à Varsovie à une réunion des présidents des pays de l'Europe centre-orientale (Estonie, Lettonie, Lituanie, Hongrie, Slovaquie, Bulgarie, Roumanie, Pologne et République tchèque), initialement prévue pour concertation avant le sommet de l'Otan en septembre, mais dans ce contexte international, dédiée surtout à la crise dans l'Ukraine voisine.

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