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Gaza toujours à feu et à sang, "arrêtez de combattre" dit l'ONU

22/07/2014 12:50 EDT | Actualisé 21/09/2014 05:12 EDT

L'offensive israélienne sur la bande de Gaza se poursuivait sans relâche mardi, malgré les 620 Palestiniens et 29 Israéliens tués en 15 jours du conflit et l'appel ferme du secrétaire général de l'ONU à "arrêter de combattre".

Ce cinquième conflit à Gaza en moins de dix ans est le plus sanglant depuis 2009, et l'armée israélienne, qui est en deuil de 27 soldats, n'avait pas perdu autant d'hommes depuis la guerre de 2006 contre le Hezbollah libanais.

Après une visite en Egypte, médiateur traditionnel avec le Hamas, le patron de l'ONU Ban Ki-moon a réclamé à Tel-Aviv l'arrêt des hostilités, debout à côté du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Mon message aux Israéliens et aux Palestiniens est le même: +Arrêtez de combattre, commencez à parler. Traitez à la racine les causes du conflit+", a-t-il souligné.

L'objectif affiché d'Israël est quasi-identique à ceux des conflits précédents: désarmer le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle l'enclave palestinienne, faire cesser ses tirs de roquettes, détruire ses tunnels et arrêter les "infiltrations" en Israël des combattants islamistes.

Le Hamas, lui, réclame la levée du blocus israélien de Gaza, en place depuis 2006, la libération de prisonniers et l'ouverture de la frontière avec l'Egypte.

S'adressant aux deux parties, M. Ban a appelé à cesser "immédiatement" les tirs de roquettes sur Israël qui de son côté doit faire preuve d'une "retenue maximum" et à agir pour que les Palestiniens "ne ressentent plus le besoin de recourir à la violence".

Mais M. Netanyahu est resté sur ses positions, appelant la communauté internationale à considérer le Hamas comme le seul responsable du bain de sang: "La population de Gaza est la victime du régime brutal du Hamas".

- Arithmétique sanglante -

Sur le terrain, les frappes israéliennes ne faiblissaient pas. Selon les secours palestiniens, le bilan a atteint 620 morts, soit une quarantaine de victimes de plus que lundi, un chiffre difficile à vérifier compte-tenu du chaos régnant à Gaza où des corps de personnes décédées les jours précédents continuent d'être retrouvés dans les décombres en plus des dépouilles de Palestiniens tués mardi.

Parmi les nouvelles victimes, au moins neuf femmes ont été dénombrées, dont l'une enceinte, ainsi qu'une fillette de quatre ans. Quelque 3.700 personnes ont été blessées et 100.000 déplacés ont trouvé refuge auprès de l'ONU.

Côté israélien, depuis le début des hostilités, quelque 1.600 impacts de roquettes ont été comptabilisés, et environ 400 autres projectiles ont été détruits en vol. Des combattants du Hamas, passant par leurs tunnels, parfois revêtus d'uniformes israéliens, ont aussi porté le combat sur le sol d'Israël à plusieurs reprises depuis jeudi.

Au quinzième jour des opérations, des quartiers entiers de Gaza paraissaient annihilés, en particulier Chajaya où les frappes ont fait au moins 70 morts dimanche, ou encore cet immeuble de Gaza-ville dont cinq des dix étages se sont effondrés.

Face à l'ampleur des dégâts, les Palestiniens ont dénoncé un "crime de guerre", l'ONU une action "atroce" et des ONG ont réclamé "une enquête internationale indépendante", à l'instar d'Amnesty international.

Mardi, les bureaux de la chaîne d'information qatarie Al Jazeera, très critiquée en Israël, a vu ses bureaux touchés par des tirs de sommation, selon une journaliste de l'AFP.

Les rues de Gaza étaient, elles, quasi-désertes, quelques échoppes de fruits et légumes se risquant néanmoins à ouvrir leurs portes.

- Finir le travail -

L'armée israélienne a fait état de 183 "terroristes" tués depuis le 17 juillet mais elle enregistre aussi des pertes significatives dans ce qui était à l'origine une campagne aérienne lancée le 8 juillet mais qui s'est muée jeudi en opération terrestre.

Outre deux civils, 27 soldats israéliens ont été tués et les obsèques rythmaient les informations télévisées qui diffusent les images de centaines d'anonymes venus rendre hommage aux défunts et à leurs familles effondrées.

Un soldat, Oron Shaul, dont le Hamas avait revendiqué l'enlèvement, a été déclaré présumé mort par l'armée bien que sa dépouille n'ait pas été formellement identifiée. Selon les médias israéliens, tout ou partie du corps pourrait être entre les mains du mouvement islamiste.

Sur le front politique, le ministre de l'Économie, Naftali Bennett, l'un des faucons du gouvernement israélien, a exprimé son opposition à tout cessez-le feu: "Nous payons un prix élevé et nous n'allons pas faire le travail à moitié".

L'impact économique et touristique commençait aussi à se faire ressentir: les compagnies aériennes américaines ont été interdites de vol vers Israël pour 24 heures.

Les efforts diplomatiques doivent encore se poursuivre dans les prochains jours pour arracher une trêve. Ban Ki-moon doit venir à Jérusalem mercredi, date à laquelle le secrétaire d'Etat américain, John Kerry est attendu en Israël. Ce dernier était encore au Caire mardi soir pour des consultations sur une trêve dans l'enclave palestinienne où s'entassent 1,8 millions d'habitants.

En parallèle, la tension est montée en Cisjordanie occupée, où un Palestinien a été tué lundi soir, et dans les grandes villes arabes du nord d'Israël.

Ce cycle de violences a été déclenché par l'enlèvement et le meurtre en juin de trois adolescents israéliens, attribués par Israël au Hamas, suivis de l'assassinat d'un jeune Palestinien brûlé vif à Jérusalem.

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