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Digues de Venise : un "doge" proche de Berlusconi aux mains de la justice

22/07/2014 10:39 EDT | Actualisé 21/09/2014 05:12 EDT

La Chambre des députés italienne a levé mardi l'immunité parlementaire de Giancarlo Galan, un ex-ministre de Silvio Berlusconi, soupçonné de corruption et blanchiment d'argent dans le cadre de l'enquête sur le chantier de la digue géante "Moïse" qui vise à protéger Venise des inondations.

Président de la région Vénétie (nord-est) entre 1995 et 2010, Giancarlo Galan, député Forza Italia (droite), peut désormais être interpellé par les forces de l'ordre comme requis par le parquet de Venise en juin dernier, les députés italiens ayant autorisé son arrestation à 395 votes "pour" sur 535 suffrages exprimés.

Une fois le résultat du vote connu, ses avocats ont annoncé qu'ils plaideront pour que leur client, qui s'estime "totalement étranger aux accusations invraisemblables portées contre lui", soit placé aux arrêts domiciliaires.

En 2003, M. Galan avait posé la première pierre du chantier titanesque "Moïse" d'un coût de 5,4 milliards d'euros, aux côtés de Silvio Berlusconi, alors président du Conseil.

"Moïse", qui mobilise une cinquantaine d'entreprises sur près de 20 km dans la lagune de Venise, consiste à installer 78 digues flottantes géantes pour protéger la ville des marées hautes et des inondations. Il devrait être terminé en 2016.

Jusqu'à présent hospitalisé à Padoue (nord-est) suite à une rupture du tibia-péroné qui a engendré des complications circulatoires et cardiaques, M. Galan a quitté mardi après-midi l'établissement en fauteuil roulant, se déclarant "furieux".

"L'ère des doges est finie", s'est félicité Roger De Menech, secrétaire régional du Parti démocrate (centre gauche) en Vénétie. "C'est la fin de 20 ans durant lesquels marché et concurrence ont été bloqués dans la région", a-t-il ajouté.

Depuis trois ans, le parquet de Venise a lancé une vaste enquête qui a mis à jour un scandale-politico financier de grande envergure autour de l'attribution des travaux d'aménagement de la lagune de Venise.

Selon les enquêteurs, la mise en place d'une caisse noire alimentée par des fonds provenant d'un système de fausses factures et de pots-de-vins, aurait permis de récolter quelque 20 millions d'euros, versés sur des comptes à l'étranger.

"Une grande partie de ces fonds servait à financer des forces politiques à un niveau local, régional et national", avait affirmé le procureur en chef de Venise, Luigi Delpino, lors d'une conférence de presse le 4 juin dernier.

Arrêté ce jour-là, le maire de Venise, Giorgio Orsoni (PD), avait ensuite démissionné.

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