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Des scientifiques font une découverte sur l'aspect génétique de la schizophrénie

22/07/2014 04:09 EDT | Actualisé 21/09/2014 05:12 EDT
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The two halves of a medical model of a human brain. Metaphor for indecision or mental illness.

TORONTO - On en connaît peu sur les causes de la schizophrénie, mais un consortium international de chercheurs a fait une découverte importante qui pourrait permettre de comprendre un peu plus cette maladie qui fait des ravages.

Des scientifiques de partout dans le monde, incluant des Canadiens, ont identifié plus de 100 régions du génome humain associées au risque de développer la schizophrénie, une maladie mentale caractérisée par des hallucinations, des délires et des pensées troublées.

La recherche, publiée mardi dans la revue scientifique Nature, révèle 83 nouvelles régions contenant des variations génétiques dans l'ADN des personnes atteintes de schizophrénie, portant le total connu à 108.

Cette découverte offre aux chercheurs une toute nouvelle avenue de recherche, selon une scientifique du Centre de toxicomanie et de santé mentale de Toronto, Jo Knight, qui faisait partie du consortium de recherche.

Les symptômes de la schizophrénie apparaissent généralement à l'adolescence ou dans la vingtaine, et touchent une personne sur 100 à travers le monde. Les coûts des soins de santé, des programmes sociaux et de la perte de productivité associés à cette maladie s'élèvent à 6,85 milliards $ par année au Canada seulement.

Selon Mme Knight, plusieurs théories sont étudiées quant aux raisons expliquant pourquoi une personne est susceptible de développer la maladie, qui serait causée par des facteurs génétiques et environnementaux.

Les nouvelles découvertes traitent des gènes retrouvées dans les tissus du cerveau, surtout ceux liés au fonctionnement des neurones et des synapses — les lieux de connexion chimique et électrique entre ces cellules du cerveau. Elles ajoutent par ailleurs de la crédibilité à une théorie voulant que les gènes actifs dans le système immunitaire puissent avoir un lien avec la maladie, ce qui suggérerait qu'il puisse s'agir d'une maladie auto-immune, du moins en partie.

Mme Knight rappelle que «lorsque l'on sait pourquoi une personne devient schizophrène, on devient davantage apte à développer un médicament agissant sur ce mécanisme ou de développer des mesures préventives pour stopper la maladie».

L'étude est le résultat de plusieurs années de travail par le groupe sur la schizophrénie du Consortium de génomique psychiatrique. Les chercheurs ont analysé près de 37 000 échantillons génétiques prélevés de patients atteints de schizophrénie et environ 113 000 échantillons provenant de volontaires en bonne santé.