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Breivik renonce à la violence alors que la Norvège commémore le massacre

22/07/2014 09:08 EDT | Actualisé 21/09/2014 05:12 EDT

Le tueur de masse Anders Behring Breivik a renoncé à la violence, a déclaré son avocat mardi, alors même que la Norvège commémorait le troisième anniversaire du massacre dans lequel 77 personnes ont péri.

Breivik "est maintenant très clair dans le fait qu'il ne soutient pas le recours à la violence et qu'il n'appelle pas les autres à commettre des violences", a déclaré l'avocat Tor Jordet, cité par des médias norvégiens.

Extrémiste hostile au multiculturalisme, aujourd'hui âgé de 35 ans, Breivik avait perpétré le 22 juillet 2011 le massacre le plus sanglant commis en Norvège depuis la Seconde Guerre mondiale.

Il avait d'abord fait exploser une bombe près du siège du gouvernement de gauche à Oslo, faisant huit victimes, puis ouvert le feu contre un camp d'été des Jeunes travaillistes sur l'île d'Utoeya, tuant 69 personnes, dont une majorité d'adolescents.

Ayant à l'époque qualifié son geste d'"atroce mais nécessaire", le tueur purge une peine de 21 ans de prison, la peine maximale en Norvège. Celle-ci peut toutefois être prolongée indéfiniment, aussi longtemps qu'il sera considéré comme une menace pour la société.

Contacté par l'AFP, M. Jordet a décliné de revenir sur ses propos, estimant que cette journée anniversaire devait se concentrer sur les rescapés et les familles des victimes.

"Nous avons fait le procès des agissements et des dysfonctionnements de la Norvège le 22 juillet mais nous ne sommes pas parvenus à discuter de la pensée (qui a motivé) l'auteur du crime", s'est alarmé Eskil Pedersen, le président de la Jeunesse travailliste.

"Trois ans après les attaques, le racisme est de retour dans les espaces de commentaires et des partis d'extrême droite remportent des élections dans des pays autour de nous", a-t-il déclaré.

Le débat grandit en Norvège sur la nécessité de s'attaquer à l'idéologie derrière le carnage.

"Nous ne pouvons nous protéger de tous les dangers grâce aux mesures de sécurité", a affirmé le Premier ministre conservateur, Erna Solberg, arrivée au pouvoir l'an dernier.

"Le plus important qu'on puisse faire est de s'opposer au radicalisme et à l'extrémisme violent en cultivant les qualités de notre société", a-t-elle dit.

En présence de son prédécesseur travailliste Jens Stoltenberg, Mme Solberg a déposé une gerbe et observé une minute de silence devant la tour visée par le premier attentat, toujours hors d'usage. L'immeuble va être réhabilité plutôt que démoli, ce qui aurait pu passer comme une victoire de Breivik.

L'îlot d'Utoeya a été ouvert aux rescapés de la fusillade et aux familles des victimes pour qu'ils puissent s'y recueillir. Trois jeunes survivants ont été élus au Parlement l'an dernier.

phy/amp/abk

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