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Pas de répit dans l'offensive israélienne, près de 550 Palestiniens tués

21/07/2014 11:48 EDT | Actualisé 20/09/2014 05:12 EDT

L'armée israélienne bombardait sans cesse lundi la bande de Gaza, au 14e jour d'une offensive d'envergure destinée à neutraliser le mouvement islamiste Hamas et qui a coûté la vie à près de 550 Palestiniens, malgré la multiplication des efforts pour un cessez-le-feu.

Au lendemain d'une journée noire avec plus de 140 Palestiniens et 13 soldats israéliens tués, l'Etat hébreu restait déterminé à poursuivre ses opérations aériennes et terrestres à Gaza pour faire cesser les tirs de roquettes palestiniennes qui continuent de toucher par dizaines son territoire.

Le président américain Barack Obama a annoncé que son chef de la diplomatie John Kerry attendu au Caire devrait pousser à un cessez-le-feu "immédiat", alors que le patron de l'ONU Ban Ki-moon en tournée régionale, est arrivé en Egypte pour ce même but.

Ce conflit est le 5e entre les deux camps depuis le retrait unilatéral de l'armée israélienne de Gaza en 2005. Pour Israël, l'objectif est quasiment le même: briser la capacité du Hamas à atteindre Israël avec ses roquettes et combattants, en tentant cette fois-ci de détruire les tunnels construits par le mouvement à cette fin.

Lundi, encore plus d'une trentaine de Palestiniens ont été tués et des dizaines de corps ont été retrouvés dans les décombres, portant le bilan global à 548 morts et quelque 3.000 blessés, selon les secours palestiniens à Gaza, une enclave contrôlée par les islamistes du Hamas.

Des tirs de chars ont une nouvelle fois touché dans la journée un hôpital de Gaza faisant quatre morts et 70 blessés, selon un bilan révisé. Neuf membres d'une même famille, avec sept enfants, ont aussi été tués.

L'armée a en outre annoncé avoir tué "plus de 10 terroristes" qui tentaient de s'infiltrer en Israël via un tunnel.

- 'Pas le moment' de parler trêve -

Devant le pilonnage sans répit et la destruction de leurs maisons, 87.000 Palestiniens ont trouvé refuge dans 67 bâtiments de l'ONU à Gaza, où femmes et enfants sont installés à même le sol des couloirs faute de place.

Israël, de son côté, a été la cible d'une soixantaine de roquettes qui n'ont pas fait de victimes, portant le total à plus de 1.500 projectiles depuis le début de l'offensive contre Gaza, déclenchée le 8 juillet par des raids aériens et étendue le 17 à une opération terrestre.

Dimanche, l'armée a enregistré son bilan le plus lourd depuis sa guerre contre le Hezbollah libanais en 2006, avec 13 soldats tués, portant à 18 le nombre des militaires morts dans l'offensive "Bordure protectrice", outre deux civils. Quelque 90 militaires ont été blessés.

Le même jour, la branche armée du Hamas a affirmé avoir enlevé un soldat israélien. Le rapt a été démenti par l'ambassadeur d'Israël à l'ONU mais pas par l'armée.

Malgré les pertes de part et d'autre et la dévastation occasionnée à Gaza par les frappes, le ministre israélien chargé des Services de renseignement Youval Steiniz a estimé que les "combats risquent de durer longtemps", alors que son collègue aux Communications a dit que ce n'était "pas le moment de parler d'un cessez-le-feu".

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a jugé que l'opération "dépassait (les) attentes" concernant la destruction des tunnels, et souligné "le soutien très fort au sein de la communauté internationale" pour cette offensive.

Mais à New York, le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé à "cesser immédiatement les hostilités", et à "la protection des civils" de Gaza où les habitants ne peuvent pas fuir le territoire sous blocus israélien depuis 2006 et où les hôpitaux manquent de tout.

Le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU doit tenir une réunion extraordinaire mercredi à Genève.

- 'Tuer ou être tué' -

Avant de venir au Caire, M. Ban a dénoncé à Doha "l'action atroce" à Chajaya où plus de 70 Palestiniens sont morts dimanche. L'armée a, elle, accusé le Hamas d'avoir "mis les civils dans la ligne de mire" en y installant ses sites militaires.

Après un appel téléphonique avec M. Ban, le président français François Hollande a dit que "tout doit être fait pour mettre un terme immédiat à la souffrance des populations civiles à Gaza".

Quant au président palestinien Mahmoud Abbas, qui a parlé de "crime contre l'humanité" à Chajaya, il a rencontré à Doha le chef du Hamas en exil Khaled Mechaal et tous deux ont appelé à la fin de "l'agression israélienne" et la levée du blocus.

En signe de solidarité, à Nazareth, la plus grande ville arabe israélienne, trois milliers personnes ont manifesté en dénonçant "le génocide de l'armée israélienne à Gaza".

Les journaux israéliens continuaient de soutenir le gouvernement. "Il s'agit de combats pour tuer ou être tué", écrit le Yedioth Ahronoth.

Israël a mobilisé 53.200 hommes pour son offensive sur Gaza, une petite bande de terre de 362 km2 où s'entassent dans la misère 1,8 million d'âmes.

La nouvelle spirale de violence a été déclenchée après le rapt et le meurtre de trois étudiants israéliens en juin, attribués par Israël au Hamas, suivis de l'assassinat d'un jeune Palestinien brûlé vif à Jérusalem.

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