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France: le gouvernement dénonce des actes "antisémites" en marge d'une manifestation propalestinienne

21/07/2014 07:54 EDT | Actualisé 20/09/2014 05:12 EDT

Les autorités françaises ont dénoncé lundi des actes "antisémites" au lendemain de violences à Sarcelles, une banlieue au nord de Paris, en marge d'une manifestation propalestinienne interdite.

"Ce qui s'est passé à Sarcelles est intolérable, s'attaquer à une synagogue, à une épicerie casher, c'est tout simplement de l'antisémitisme, du racisme", a déclaré le Premier ministre Manuel Valls, en déplacement dans le sud-est.

"Rien en France ne peut justifier la violence, rien ne peut justifier qu'on s'en prenne à des synagogues, à des épiceries, des magasins, des institutions juives", a ajouté M. Valls.

Plusieurs commerces ont été mis à sac, notamment une épicerie casher déjà visée par un attentat à la grenade en septembre 2012. Des voitures ont été brûlées et du mobilier urbain saccagé, dans la foulée d'un rassemblement pro-palestinien interdit qui a rapidement dégénéré.

Sarcelles, parfois surnommée "la petite Jérusalem" en raison d'une importante communauté juive d'Afrique du Nord, s'est réveillée lundi avec des policiers à tous les coins de rue, la chaussée tapissée de détritus parfois calcinés et de bris de verre.

"Je n'ai pas dormi de la nuit, je n'étais pas tranquille. Des gens de tous bords ici vivent ensemble, on ne comprend pas", a confié à l'AFP un homme juif de 67 ans, dont la voiture a été détruite par les casseurs et qui n'a pas souhaité donner son nom.

"Un tel déferlement de haine et de violence, c'est du jamais vu à Sarcelles. Ce matin, les gens sont abasourdis et la communauté juive a peur", a affirmé François Pupponi, maire socialiste de la ville.

Selon des sources policières, la synagogue de Sarcelles, protégée par les forces de sécurité et devant laquelle montaient la garde des militants radicaux de la ligue de défense juive (LDJ), n'a pas été touchée par les violences. Une voiture a été incendiée devant la ville voisine de Garges-lès-Gonesse, mais les flammes n'ont pas touché le bâtiment, selon les mêmes sources.

Dix-neuf personnes ont été interpellées, dont neuf étaient toujours en garde à vue lundi matin, parmi lesquelles quatre mineurs.

Samedi, une autre manifestation non autorisée à Paris avait dégénéré en affrontements entre la police et de jeunes manifestants.

- "Assumer" l'interdiction des manifestations -

"Ce n'est pas l'interdiction de la manifestation qui fait la violence, c'est la violence qui fait l'interdiction de la manifestation", a souligné lundi le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve devant la synagogue de Sarcelles, répétant "assumer" son choix de l'interdire malgré les critiques d'une partie de la gauche et de la presse.

S'il est "légitime" de pouvoir exprimer une position sur les événements à Gaza, où plus de 500 Palestiniens ont été tués depuis le début de l'offensive israélienne le 8 juillet, le ministre a jugé "intolérables" ces violences.

Il a aussi lu un tract sur BFM-TV qui a justifié selon lui d'interdire la manifestation: "Venez équipés de mortiers, d'extincteurs, de matraques... Venez nombreux, descente au quartier juif de Sarcelles".

"Ces petits voyous qui cassent à Sarcelles ou ailleurs ne sont pas représentatifs de ce qu'est l'islam de France", a-t-il estimé.

Deux nouvelles manifestations propalestiniennes sont prévues à Paris mercredi soir et samedi après-midi. Si elles "peuvent se tenir, elles se tiendront. S'il y a une risque à l'ordre public, elles seront interdites", a prévenu le ministre de l'Intérieur.

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