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Ebola : les chauve-souris africaines dans le viseur de la FAO

21/07/2014 10:05 EDT | Actualisé 20/09/2014 05:12 EDT

L'organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) s'est inquiétée lundi du danger que représente la consommation de la chauve-souris frugivore, soulignant son rôle direct dans la propagation de l'épidémie d'Ebola en Afrique.

"Il faut intensifier les efforts pour faire prendre conscience aux communautés rurales d'Afrique de l'Ouest des risques qu'elles courent de contracter le virus Ebola en consommant certaines espèces de faune sauvage", a ainsi déclaré la FAO dans un communiqué de presse.

Principal animal ciblé, avec certains primates et différentes espèces de céphalophes (antilopes africaines, ndlr), la chauve-souris frugivore est un mets très apprécié dans cette région du globe, "consommée séchée ou en soupe épicée", détaille l'organisation de l'ONU.

"Nous ne suggérons aucunement que les populations arrêtent la chasse, mais elles ont besoin de directives claires, comme ne pas toucher les animaux morts ou vendre ou manger la chair d'animaux trouvés morts", alerte le vétérinaire en chef à la FAO, Juan Labroth.

"Le virus n'est anéanti que lorsque la chair est cuite à haute température ou bien fumée", précise par ailleurs le spécialiste.

Afin d'endiguer la propagation d'Ebola en Guinée, au Liberia ou encore au Sierra Leone, la FAO, en collaboration avec les gouvernements de ces pays et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) va "mettre en place des systèmes de surveillance de la faune sauvage pour favoriser la détection précoce du virus".

"Les communautés rurales ont un rôle important à jouer en signalant une mortalité inhabituelle de la population animale, d'où leur collaboration cruciale", expose Katinka De Balogh, "coordinatrice Ebola" à la FAO.

Le virus Ebola aurait été déclenché en Afrique de l'Ouest par la transmission du virus d'animaux sauvages infectés à l'homme, avant de se propager par transmission interhumaine.

Avec plus de 600 morts en Afrique de l'Ouest depuis le premier cas détecté en décembre 2013, selon les chiffres de l'OMS, le virus Ebola connait sa "flambée la plus mortelle jamais recensée", rappelle l'Organisation de l'ONU installée à Rome.

Mortel dans 90% des cas et sans vaccin encore inventé pour le contrer, le virus Ebola provoque la dysfonction d'organes multiples et de graves hémorragies.

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