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Crise ukrainienne: 3e séance de chute à la Bourse de Moscou

21/07/2014 11:44 EDT | Actualisé 20/09/2014 05:12 EDT

La Bourse de Moscou a chuté lundi pour la troisième séance d'affilée, les investisseurs s'inquiétant d'une nouvelle escalade de la crise ukrainienne après le crash du MH17 et de possibles nouvelles sanctions occidentales douloureuses pour l'économie russe.

Les principaux indices de la place financière moscovite, le Micex (libellé en roubles) et le RTS (en dollars), ont cédé respectivement 2,67% et 2,91% par rapport à la clôture de vendredi. Ils accumulent des chutes respectives de plus de 6% et 8% depuis mercredi dernier.

Les grandes entreprises publiques russes ont tiré le marché vers le bas, la banque Sberbank abandonnant 4,62%, l'opérateur de la Bourse de Moscou 3,58% et le gazier Gazprom 2,33%.

La monnaie russe, stable une partie de la journée, reculait légèrement en fin de journée et valait vers 15H00 GMT 47,59 roubles pour un euro et 35,20 roubles pour un dollar.

"Il y a peu de raisons d'être optimiste", ont souligné les analystes d'Alfa Bank, citant "les risques géopolitiques croissants" après le crash de l'avion de ligne malaisien.

La Bourse russe, qui était remontée près de ses plus hauts niveaux de l'année début juillet, pique du nez depuis l'adoption mercredi dernier de sanctions occidentales, les États-Unis visant directement de grandes entreprises russes, suivie jeudi du crash du Boeing de la Malaysia Airlines en zone séparatiste en Ukraine.

"La Russie va probablement se retrouver encore plus isolée", ont estimé les analystes de la société financière Brown Brothers Harriman, évoquant un possible "tournant" de la crise ukrainienne. "Cela pourrait pousser l'Europe à durcir sa position et annoncer une nouvelle série de sanctions", ont-ils ajouté.

Le Premier ministre britannique David Cameron a prévenu lundi que l'Union européenne se tenait prête à prendre de nouvelles sanctions à l'égard de la Russie qui pourraient cibler notamment des technologies susceptibles d'être utilisées à des fins militaires.

Pour l'heure, les États-Unis se sont montrés les plus durs dans leurs sanctions, incluant la semaine dernière à leur "liste noire" les géants de l'énergie Rosneft et Novatek dont les actions ont reculé respectivement de 2,52% et 2,47% lundi.

L'agence de notation Moody's a averti lundi que ces mesures, en "coupant de fait (Rosneft et Novatek) des marchés de capitaux américains à long terme", pourraient perturber leurs projets de production, notamment celui de Novatek avec le français Total sur la péninsule russe de Yamal.

"Si les sanctions étaient étendues au secteur financier européen, cela limiterait de manière drastique les financements et les possibilités de partenariat pour les sociétés touchées et augmenterait les coûts, conduisant potentiellement à un gel des investissements et ralentissant leur croissance", a poursuivi Moody's.

La menace de lourdes sanctions économiques contre Moscou après le rattachement de la Crimée a provoqué de massives fuites de capitaux de Russie au printemps, le rouble tombant notamment à des plus bas record.

Les sanctions restant ciblées, un certain apaisement avait suivi, permettant aux marchés de rebondir et à la Russie d'échapper de justesse à une entrée en récession au deuxième trimestre, selon les estimations du gouvernement.

Les statistiques officielles du produit intérieur brut pour cette période n'ont pas encore été publiées par l'institut des statistiques.

gmo/all/mr

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