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Colombie: pique du chef des Farc contre le président Santos

21/07/2014 07:07 EDT | Actualisé 20/09/2014 05:12 EDT

Après la reprise de l'activité parlementaire en Colombie, le chef de la guérilla marxiste des Farc a lancé une pique contre le président Juan Manuel Santos, accusé de privilégier le "grand capital" au détriment de la paix.

Dans une lettre publiée lundi, le numéro un des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), Timoleon Jimenez, alias "Timochenko", a vivement critiqué le discours du chef de l'Etat la veille lors de l'installation de la nouvelle législature.

Devant les élus, le président colombien avait appelé à un "Parlement de la paix" et à "laisser derrière le poids de la guerre et de la haine".

"Avec ce discours, il y a juste une chose de claire: son intention évidente de rassurer le grand capital, les puissants propriétaires terriens, les investisseurs, les forces armées et l'extrême droite qui l'a pris pour cible", écrit le dirigeant des Farc.

"Et pour les gens pauvres? Santos pense-t-il vraiment qu'avec ses conceptions la paix va pouvoir être obtenue en Colombie?", ajoute-t-il.

Fondée il y a un demi-siècle à l'issue d'une insurrection paysanne, la guérilla des Farc, la plus ancienne d'Amérique latine, compte encore près de 8.000 combattants selon les autorités.

Depuis novembre 2012, la rébellion et le gouvernement de M. Santos, réélu en juin pour un second mandat, mènent des pourparlers de paix qui se déroulent à Cuba, sans cessez-le-feu sur le terrain militaire en Colombie.

Ces discussions ont permis d'aboutir à un accord sur la nécessité d'une réforme rurale, la participation des ex guérilleros à la vie politique et la lutte contre le trafic de drogue.

Les deux camps doivent encore examiner la question des réparations pour les victimes du conflit, qui a fait plusieurs centaines de milliers de morts en cinquante ans, celle de l'abandon des armes, et les modalités d'une consultation populaire en cas d'accord de paix global.

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