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Afrique du Sud: le procès de Congolais accusés de complot reporté d'une semaine

21/07/2014 10:06 EDT | Actualisé 20/09/2014 05:12 EDT

Le procès de 20 congolais accusés d'avoir préparé un complot visant à assassiner leur président Joseph Kabila a été ajourné pour sept jours lundi par un tribunal de Pretoria, l'un des accusés ayant pris un nouvel avocat la semaine dernière.

"L'avocate de l'accusé numéro 20 a seulement eu accès au dossier vendredi, donc elle a besoin d'une semaine pour préparer sa défense", a expliqué le procureur Torie Pretorius.

L'audience s'est déroulée dans un climat tendu alors qu'une dizaine de policiers encadraient les accusés dans la salle. Au sein du public, une trentaine de ressortissants congolais ont manifesté leur soutien aux prévenus, en déployant notamment un drapeau de la RDC à l'annonce du report du procès, avant d'entonner des chants anti-Kabila, à la sortie du tribunal.

Le procès a également été repoussé à la demande de Thesigan Pillay, l'avocat de 14 des prévenus. Il a annoncé qu'il préparait un recours pour contester, dès la semaine prochaine, la légalité de l'enquête, et notamment de l'infiltration policière qui a mené à l'arrestation des comploteurs présumés.

Les vingt hommes avaient été interpellés par les autorités sud-africaines en février 2013 grâce au travail d'un policier infiltré à leurs côtés pendant six mois. Celui-ci avait ainsi pu filmer de nombreuses rencontres et échanger des mails accréditant la thèse de la préparation d'un coup d'Etat, selon l'accusation.

Ces hommes, âgés de 25 à 49 ans, sont en détention provisoire depuis leur arrestation, il y a plus d'un an.

Leur libération conditionnelle avait été refusée en mars 2013 après qu'une liste de personnalités congolaises à abattre eut été retrouvée dans l'ordinateur de l'un d'entre eux. Sur cette liste, Joseph Kabila et plusieurs dirigeants étaient en ligne de mire de ces hommes, présentés comme des rebelles de l'Union des nationalistes pour le renouveau (UNR) de la RDC.

Me Pillay a dénoncé lundi les mauvais traitements dont les accusés sont victimes en prison. "Plusieurs de mes clients ont affirmé avoir subi des abus physiques, psychologiques et verbaux de la part du personnel pénitentiaire", a affirmé l'avocat à l'AFP.

Accusés de complot en vue d'assassinat, les 20 Congolais risquent plusieurs années de prison s'ils sont jugés coupables.

On estime à environ 300.000 le nombre de Congolais en Afrique du Sud, et beaucoup font partie de l'opposition à Joseph Kabila dont ils contestent la réélection en 2011.

L'audience doit reprendre lundi 28 juillet devant le tribunal de Pretoria.

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