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Offensive rebelle au Soudan du Sud, "plus grave reprise" des combats depuis mai (ONU)

20/07/2014 11:03 EDT | Actualisé 19/09/2014 05:12 EDT

Les rebelles sud-soudanais ont lancé dimanche une offensive sur la localité de Nasir, leur ex-QG, qualifiée par l'ONU de "claire violation" du cessez-le-feu signé en mai et de "plus grave reprise des hostilités" au Soudan du Sud depuis cette date.

Les forces de Riek Machar ont annoncé avoir repris dans la matinée cette localité située à environ 500 km au nord de Juba, près de la frontière éthiopienne, dont l'armée sud-soudanaise s'était emparée en mai. Mais le porte-parole de l'armée gouvernementale, Philip Aguer, a affirmé que les combats étaient toujours en cours en fin d'après-midi à Nasir.

L'offensive sur Nasir "a été menée par les forces d'opposition, composées d'un mélange de jeunes armés et de soldats déserteurs de la SPLA (l'armée nationale sud-soudanaise, ndlr) loyaux à l'ancien vice-président Riek Machar", indique la Mission de l'ONU au Soudan du Sud (Minuss) dans un communiqué.

"Cette attaque représente la plus grave reprise des hostilité" depuis que le président Salva Kiir et M. Machar se sont engagés le 9 mai à Addis Abeba à cesser les combats et est "une claire violation de l'accord de cessation des hostilités", estime la Minuss.

Le chef par intérim de la Minuss, Raisedon Zenenga a "déploré que cette attaque majeure survienne alors que des efforts intenses sont en cours (...) pour convaincre les parties de reprendre les pourparlers de paix suspendus à Addis Abeba".

Il a estimé "inquiétant que cette attaque ait été lancée au mépris de la présence d'une équipe d'observation et de vérification de la cessation des hostilités de l'Igad (Autorité intergouvernementale pour le développement), déployée le mois dernier à Nasir", dans l'Etat du Haut-Nil.

Le porte-parole militaire du camp Machar, Lul Kuang, a affirmé dans un communiqué que les forces rebelles avaient agi en état de "légitime défense", après plusieurs tentatives de l'armée d'arrêter un de ses chefs.

"La chute de Nasir ouvre la voie au recentrage des ressources militaires sur les champs pétroliers de Paloich (principal gisement encore en activité, ndlr), sur Maban et Malakal", la capitale du Haut-Nil, a poursuivi Lul Kuang.

M. Aguer a de son côté estimé que "les rebelles de Riek Machar continuent de violer le cessez-le-feu", affirmant qu'ils avaient lancé six offensives sur Nasir depuis dimanche matin. L'armée "a tenté de les repousser mais jusqu'ici les combats sont toujours en cours à Nasir", a-t-il expliqué.

Les combats au Soudan du Sud, ensanglanté par un conflit lié à la rivalité à la tête du régime entre MM. Kiir et Machar, avaient baissé d'intensité depuis mai, notamment en raison de la saison des pluies qui rend les routes impraticables et limite les mouvements de troupes et de matériel.

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