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Obsèques de 284 victimes de la guerre de Bosnie

20/07/2014 04:28 EDT | Actualisé 18/09/2014 05:12 EDT

Des milliers de personnes ont participé dimanche à Kozarac, dans le nord-ouest de la Bosnie, aux obsèques de 284 personnes tuées dans cette région par les forces serbes bosniennes durant la guerre intercommunautaire de 1992-95 et retrouvés récemment dans un charnier.

Il s'agit de 283 Musulamns et d'un Croate, essentiellement des hommes, mais aussi de trois femmes et douze mineurs, qui avaient été exécutés dans les premiers mois du conflit dans la région de Prijedor lors d'une "campagne d'épuration ethnique" menée par les forces serbes de Bosnie.

"J'espère que ça sera plus facile maintenant. Je sais au moins où sont leurs tombes et où je peux venir prier pour eux", lâche Suad Tatarevic, 48 ans, venu enterrer ses six frères, son père et une quarantaine de membres de sa famille.

Il est agenouillé devant les cercueils des siens couverts par des linceuls verts et alignés aux côtés des autres victimes sur la pelouse du stade local.

Un imam a prononcé une prière pour les morts avant que les cercueils ne soient transportés vers les cimetières de plusieurs villages des environs d'où les victimes étaient originaires.

Les frères et le père de Suad ont tous été exécutés le 22 juillet 1992 dans leur village de Zecovi. Suad avait fui.

La plupart des victimes ont été exhumées d'une fosse commune découverte en 2013 à Tomasica, dans une mine de fer abandonnée, à 20 km de Prijedor.

Près de 3.500 personnes ont été tuées dans cette région au début du conflit qui a fait au total quelque 100.000 morts en Bosnie. Quelque 700 personnes sont toujours portées disparue.

Aldin Kahteran, 32 ans, expulsé de son village de Carakovo et qui vit aujourd'hui en France, est venu enterrer son père.

"Dans cette région, il a eu 3.500 morts, alors que seuls seize soldats serbes ont été condamnés" pour ces crimes, déplore-t-il.

Des experts légistes ont exhumé entre septembre et novembre 2013 les restes de 435 personnes du charnier de Tomasica, mais toutes les victimes n'ont pas encore été identifiées. Il s'agit de l'une des plus grandes fosses communes découvertes après la guerre.

Après la prise de contrôle de la région de Prijedor par les forces serbes de Bosnie, en avril 1992, les membres des communautés non-serbes en ont été chassés et tués et des milliers avaient été placés dans des camps de détention.

Les premières images de détenus squelettiques de ces camps avaient alerté en août 1992 l'opinion mondiale sur la campagne de "purification ethnique" menée en Bosnie.

Actuellement jugés devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), les ex-chefs politique et militaire des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic et Ratko Mladic, sont également inculpés pour leur rôle dans les crimes commis dans la région de Prijedor.

rus/cn/ml

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