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Mexique: le transfert des enfants du foyer du Michoacan a commencé

20/07/2014 08:50 EDT | Actualisé 19/09/2014 05:12 EDT

Les 458 mineurs retrouvés cette semaine dans un foyer de l'ouest du Mexique dans de graves conditions d'insalubrité et supposément victimes de mauvais traitements ont commencé ce week-end à être transférés vers des foyers gouvernementaux tandis que, selon la presse, la directrice de l'établissement été remise en liberté.

Un total de 161 enfants, sur les plus de 400 mineurs internés dans le foyer de Zamora, dans l'Etat du Michoacan, et six adultes ont quitté l'établissement durant la journée de samedi.

"Nous allons leur donner un lieu digne où ils pourront vivre dans de meilleures conditions et avec de meileures opportunités", a déclaré à la presse Laura Vargas, responsable de l'Assistance sociale mexicaine (DIF).

Les 300 autres internes mineurs, seront replacés la semaine prochaine, si possible dans leurs familles, a indiqué Mme Vargas.

Samedi soir, des amis de la directrice de l'établissement, Rosa del Carmen Verdusco, surnommée "Mama Rosa", ont indiqué à la presse que l'octogénaire avait été remise en liberté. Les autorités judiciaires, qui avaient laissé prévoir cette mesure, ne l'ont pas confirmée officiellement.

L'avocat de Mme Verduzco, Chistian Hellinger, a indiqué que, par contre, six des huit employés de l'établissement avaient été incarcérés dans une prison de l'Etat du Nayarit (nord-ouest) et deux d'entre eux ont été accusés d'abus sexuel, selon le quotidien Milenio.

Les deux personnes libérées sont des enseignantes de l'établissement, qui avait un statut officiel d'école primaire et secondaire.

Mardi, la police fédérale et l'armée avaient investi le foyer de Zamora, "La Grande Famille", à la suite de cinq plaintes pour privation de liberté de mineurs.

Le directeur des enquêtes criminelles du ministère de la Justice, Tomas Zeron, avait souligné que la police avait trouvé les centaines d'internes dans "une situation d'insalubrité impressionnante".

"Il y avait des enfants battus, des enfants qui étaient enfermés (...) on les laissait punis pendant des jours, on ne leur donnait pas à manger", avait-t-il rappelé.

Toutefois, de nombeaux intellectuels, dont le Français Jean-Marie Le Clézio, étaient venus en défense de "Mama Rosa". Ils avaient estimé dans un texte signé par 25 d'entre eux que la fondatrice de l'établissement il y a plus de soixante ans avait été l'objet d'un "lynchage" médiatique. Tout en reconnaissant qu'il avait pu y avoir des "irrégularités" dans le foyer, 25 intellectuels avaient accusé les autorités d'avoir émis des accusations devant la presse, sans les présenter d'abord devant le pouvoir judiciaire.

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