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Gaza: le chef de l'ONU presse Israël de "faire beaucoup plus" pour épargner les civils

20/07/2014 04:19 EDT | Actualisé 19/09/2014 05:12 EDT

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a pressé dimanche Israël de "faire beaucoup plus" pour épargner les civils dans son offensive militaire contre la bande de Gaza, condamnant "l'action atroce" de l'armée à Chajaya, où plus de 60 Palestiniens sont morts.

"Israël doit exercer le maximum de retenue et faire beaucoup plus pour protéger les civils" palestiniens, a déclaré M. Ban dans une conférence de presse à Doha où il a entamé une tournée au Moyen-Orient visant à mettre fin au conflit entre Israël et le Hamas palestinien qui contrôle la bande de Gaza.

"Alors que j'étais en route pour Doha, des dizaines d'autres civils, dont des enfants, ont été tués dans des frappes militaires israéliennes à Chajaya", une banlieue à l'est de la ville de Gaza, a-t-il dit avant d'ajouter: "Je condamne cette action atroce".

M. Ban s'exprimait après un entretien avec l'émir du Qatar, cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, dont le pays est l'un des principaux parrains du Hamas.

Au moins 100 Palestiniens ont été tués à Gaza dans la seule journée de dimanche, la plupart dans une violente offensive contre Chajaya, selon les secours palestiniens.

"Trop de personnes innocentes meurent (...), vivent constamment dans la peur", a ajouté le secrétaire général de l'ONU, soulignant que "Gaza est une plaie ouverte (et) nous devons arrêter l'hémorragie maintenant".

Le blocus de la bande de Gaza, imposé par Israël depuis des années, "ne peut pas être durable", a encore dit M. Ban alors que la levée de ce blocus est l'une des conditions du Hamas pour un cessez-le-feu.

- Ouvrir 'un horizon d'espoir' -

"Les Palestiniens, mais aussi les Israéliens doivent voir un horizon d'espoir", a indiqué le secrétaire général de l'ONU.

Le ministre qatari des Affaires étrangères, Khaled al-Attiyah, qui intervenait pendant la conférence de presse, a déclaré que "les consultations se poursuivaient en vue d'un cessez-le-feu" entre Israéliens et Palestiniens.

"Le Qatar ne prétend pas avoir engagé une initiative spécifique", a-t-il dit en réponse à des rumeurs sur un plan d'action qatari pour une trêve, après le rejet d'une proposition de cessez-le-feu formulée par l'Egypte et acceptée par Israël.

Le Hamas a affirmé ne pas avoir été mis au courant de cette proposition et l'avoir apprise par les médias, ce qui l'a rendu furieux. Il a remis ses revendications pour un cessez-le-feu à l'Egypte, au Qatar, à la Turquie, à la Ligue arabe et au président Abbas.

Le mouvement islamiste palestinien exige "la fin de l'agression contre le peuple palestinien", la levée complète du blocus de Gaza, l'ouverture du poste-frontière de Rafah avec l'Egypte et la libération de prisonniers.

- Trouver une issue au conflit -

"Nous ne faisons que transmettre les demandes du peuple palestinien. Peu importe qui agit pour faire aboutir ces demandes dès lors que justice sera faite même partiellement", a commenté le ministre qatari des Affaires étrangères.

Le secrétaire général de l'ONU doit visiter lundi Koweït, deuxième étape de sa tournée qui doit le conduire ensuite au Caire, à Jérusalem, Ramallah et Amman dans une tentative de "mettre fin à la violence et trouver une issue" au conflit.

Pour sa part, le président palestinien Mahmoud Abbas devait rencontrer à Doha le chef du Hamas, Khaled Mechaal, qui s'était rendu dimanche matin à Koweït où il a été reçu par l'émir, cheikh Sabaha al-Ahmed Al-Sabah, dont le pays assure la présidence de la Ligue arabe.

Mais la rencontre n'a finalement pas eu lieu et les journalistes ont été informés, après plusieurs heures d'attente dans un hôtel de Doha, que cette rencontre devrait survenir lundi car, selon des sources palestiniennes, Khaled Mechaal se trouvait dimanche en dehors du Qatar.

Dans une allocution télévisée, M. Abbas, qui s'est entretenu en soirée à Doha avec Ban Ki-moon, a appelé à une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, et qualifié le bombardement de Chajaïya de "crime contre l'humanité" dont les auteurs doivent être "poursuivis et punis".

Le négociateur en chef palestinien, Saëb Erakat, a déclaré aux journalistes après la rencontre entre MM. Abbas et Ban que les revendications du Hamas n'étaient "pas des conditions, mais des engagements qu'Israël doit honorer".

"Ce dont nous avons besoin, c'est d'un cessez-le-feu, un arrêt immédiat de l'agression israélienne", a-t-il ajouté, soulignant que "le blocus (de Gaza) doit être levé, les points de passage rouverts et les prisonniers libérés" par Israël.

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