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Somalie: un kamikaze tue six personnes chez un chef de guerre antishebab qui en réchappe

19/07/2014 04:09 EDT | Actualisé 17/09/2014 05:12 EDT

Six personnes ont été tuées samedi dans le port de Kismayo, dans le sud de la Somalie, par un kamikaze qui a déclenché sa bombe chez un important chef de guerre antishebab dans cet ex-bastion des islamistes somaliens, a annoncé le chef visé.

"L'explosion est survenue peu après mon entrée dans la maison. Mes gardes ont vu un homme qui essayait de se mêler à eux et, quand ils lui ont demandé ce qu'il faisait là, il s'est fait exploser, tuant six personnes dont un enfant, et blessant sept autres personnes", a déclaré à la presse Iftin Hassan Basto.

La ville de Kismayo, dont le port était une source de financement stratégique pour les shebab quand ils le contrôlaient, a été reprise fin septembre 2012 par les troupes kényanes alliées à la milice locale Ras Kamboni du chef de guerre Ahmed Madobe.

Mi-2013, Iftin Hassan Basto et un autre chef de guerre, Barre Hirale, avaient contesté l'autorité d'Ahmed Madobe, revendiquant le titre de "président" de la région du Jubaland - qui constitue le talon sud de la Somalie - dont venait de se parer M. Madobe.

D'importants combats avaient opposé leurs milices respectives à Kismayo. Ras Kamboni avait pris le dessus et Iftin Hassan Basto s'est depuis rallié à Ahmed Madobe.

Iftin Hassan Basto a mis en cause les shebab, affirmant que ses hommes affrontaient des combattants islamistes à l'extérieur de Kismayo et qu'il avait été menacé.

"Nous savions qu'ils préparaient des attaques de ce type et nous continuerons à combattre ces terroristes", a-t-il lancé.

Le porte-parole militaire des shebab a cependant nié toute implication de ses combattants, affirmant que l'explosion était due à un tir accidentel de lance-roquette par un membre de la sécurité d'Iftin Hassan Basto.

"Il n'y a pas eu d'attaque dans sa maison, mais ses gardes amateurs ont déclenché un lance-roquette à l'intérieur de la maison", a déclaré Abdulaziz Abu Musab à l'AFP.

"Les combattants shebab n'ont mené aucun assaut (...) les dégâts ont été auto-infligés par sa soldatesque", a-t-il ajouté.

Selon un habitant de Kismayo, Ali Mohamed, "l'explosion était énorme et plusieurs corps ont été sortis de la maison".

La Somalie, privée de réelle autorité centrale depuis la chute du président Siad Barre en 1991, est livrée depuis deux décennies aux milices claniques de chefs de guerre, aux gangs criminels, notamment de pirates, et aux groupes islamistes.

Les shebab, liés à Al-Qaïda, qui contrôlaient un temps l'essentiel du sud et du centre du pays, ont été chassés de Mogadiscio en août 2011 par une force de l'Union africaine (Amisom) et ont été contraints depuis d'abandonner la quasi-totalité de leurs bastions.

Ils contrôlent néanmoins toujours de larges zones rurales, d'où ils mènent actions de guérilla et attentats, et ont revendiqué dernièrement une série de raids meurtriers dans des pays voisins engagés dans l'Amisom, au Kenya surtout.

La plus grande partie du territoire somalien continue d'échapper aux autorités de Mogadiscio, soutenues à bout de bras par la communauté internationale. Le recul des shebab a en effet renforcé les velléités d'autonomie de certaines régions, dont le Jubaland, réveillé les ambitions de chefs locaux et attisé les tensions claniques.

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