NOUVELLES

Liban: condamnations de Palestiniens pour des combats contre l'armée en 2007

19/07/2014 10:47 EDT | Actualisé 18/09/2014 05:12 EDT

La tension régnait samedi dans le camp de réfugiés de Nahr al-Bared, dans la nord du Liban, au lendemain de lourdes condamnations à l'encontre de 22 Palestiniens pour implication dans des combats sanglants contre l'armée dans ce camp en 2007.

Vendredi soir, plusieurs dizaines d'habitants ont manifesté à l'intérieur du camp, selon un correspondant de l'AFP, pour protester contre ces condamnations ayant touché pour la première fois un groupe aussi large, depuis les combats qui ont fait 400 morts, dont 168 soldats libanais.

Samedi, l'armée était sur le qui-vive et a envoyé des renforts aux abords du camp par crainte de débordements, alors que les habitants menaçaient de poursuivre leurs protestations contre ces condamnations qualifiées d'"injustes".

Parmi les condamnés, deux ont écopé de la peine capitale par contumace. Quant aux 20 détenus, six ont été condamnés à la prison à vie, le reste recevant des peines de sept à 20 ans de prison.

Ils sont tous accusés d'appartenance à Fatah al-Islam, un mouvement islamiste s'inspirant d'Al-Qaïda et dont les combats meurtriers contre l'armée avaient provoqué la fuite de 30.000 habitants de Nahr al-Bared.

Ce camp, le seul parmi les 12 camps palestiniens où l'armée libanaise est présente à l'intérieur, est aujourd'hui encore à moitié détruit.

Depuis 2007, des centaines de personnes ont été arrêtées par la justice pour appartenance à Fatah al-Islam.

Si beaucoup ont été relâchés, une centaine de suspects, Libanais et Arabes, ont commencé à être jugés en 2013. Des dizaines d'autres sont recherchés.

Des condamnations individuelles ont été rendues mais c'est la première fois que la Cour de Sûreté de l'Etat, la plus haute juridiction pénale au Liban, condamne autant de suspects en même temps.

Indignées par les sentences, les familles des condamnés ont adressé une lettre à l'ambassadeur palestinien Achraf Dabbour dans laquelle elles l'appellent à l'aide, estimant que leurs fils sont "victimes d'une injustice" et qu'ils avaient été "leurrés" par Fatah al-Islam.

Depuis 2007, les familles d'islamistes libanais soupçonnés d'appartenance à Fatah al-Islam manifestent quasi-quotidiennement pour réclamer la libération de leurs fils détenus à Roumieh, prison surpeuplée et la plus grande du Liban.

cs-oi-ram/hj

PLUS:hp