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Affrontements à Paris entre la police et des manifestants propalestiniens

19/07/2014 11:09 EDT | Actualisé 18/09/2014 05:12 EDT

Les policiers antiémeute et des propalestiniens s'affrontaient samedi à coups de pierres et de gaz lacrymogènes dans les rues de Paris après une tentative de manifestation de soutien aux Palestiniens de Gaza interdite par les autorités françaises.

Des manifestants ont ainsi jeté pierres et bouteilles sur les forces de l'ordre dans un quartier du nord de Paris, selon des journalistes de l'AFP. Les policiers ont répliqué avec des gaz lacrymogènes, provoquant des mouvements de foule disparates dans les petites rues de ce quartier populaire.

Les manifestants avaient commencé à affluer par centaines avant 15H00 (13H00 GMT) pour exprimer leur soutien aux Palestiniens de Gaza. "Nous sommes tous des Palestiniens" ou "Palestine vivra, Palestine vaincra", ont-ils scandé, sous l'oeil des policiers antiémeute.

Des dizaines de cars de police étaient stationnés et plusieurs avenues de cette zone populaire de la capitale ont été coupées à la circulation.

Des rassemblements sont également organisés dans la plupart des grandes villes françaises, comme Lille (nord), Lyon (centre-est) et Marseille (sud). Mais fait rarissime, les autorités avaient interdit la manifestation à Paris, une décision inédite en Europe.

Les autorités françaises craignaient des "troubles à l'ordre public" après les débordements de la manifestation propalestinienne du 13 juillet. Des incidents avaient alors opposé certains manifestants propalestiniens à des membres de la communauté juive devant une synagogue, faisant huit blessés, majoritairement des policiers.

"La solidarité avec les Palestiniens doit pouvoir s'exprimer à Paris", avait expliqué dans la matinée à l'AFP Sandra Demarcq, membre de la direction du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), seul parti politique à maintenir son appel au rassemblement, après une interdiction qu'elle juge "illégitime et scandaleuse".

La justice française a rappelé que le fait d'organiser un rassemblement interdit est passible d'une peine de six mois de prison et de 7.500 euros d'amende.

Dans un communiqué, l'ambassade des Etats-Unis à Paris avait mis en garde ses ressortissants contre les risques d'affrontements et de violence au cours de manifestations propalestiniennes organisées en France, notamment à Paris.

"Nous recommandons aux citoyens américains d'éviter ces manifestations et d'être prudents à proximité de toute manifestation", a indiqué l'ambassade des Etats-Unis à Paris dans un communiqué.

A Strasbourg (est), au moins 1.300 personnes, encadrées par un important dispositif policier, défilaient dans l'après-midi pour réclamer la fin des bombardements israéliens sur la bande de Gaza, a constaté l'AFP.

Une heure après le début du rassemblement, la police comptabilisait 1.300 personnes, selon une première estimation, précisant que tout se déroulait "dans le calme".

Le président François Hollande a prévenu, depuis le Tchad où il se trouve en voyage, que "ceux qui veulent à tout prix manifester en prendront la responsabilité". "J'ai demandé au ministre de l'Intérieur que ces manifestations ne puissent pas se tenir", a déclaré M. Hollande.

Le chef de l'Etat est accusé par sa gauche (écologistes, communistes et gauche radicale) de mener une politique trop pro-israélienne. Il a notamment essuyé des critiques après avoir exprimé la "solidarité" de la France à Israël en plein bombardement de Gaza, une prise de position que certains partis et organisations propalestiniennes ont qualifié de carte blanche donné au Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Dans un second temps, le président français avait rééquilibré sa position appelant Israël à la "retenue" et demandant un "cessez-le-feu".

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