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Survoler l'espace aérien ukrainien: certaines compagnies y avaient renoncé

18/07/2014 06:44 EDT | Actualisé 17/09/2014 05:12 EDT

L'appareil de Malaysia Airlines survolait l'est de l'Ukraine lorsqu'il a été vraisemblablement la cible d'un tir de missile, un espace aérien qu'avaient décidé de contourner plusieurs compagnies aériennes asiatiques --mais pas toutes--, par sécurité.

Les appareils empruntent généralement le corridor aérien au-dessus de l'Ukraine lors des vols entre l'Europe et l'Asie, notamment l'Asie du sud-est. Contourner cet espace rallonge la durée de vol et augmente la facture en carburant.

Les deux principales compagnies sud-coréennes, Korean Air et Asiana, l'australienne Qantas et la taïwanaise China Airlines indiquent avoir modifié le parcours de leurs appareils pour éviter l'Ukraine depuis début mars, lorsque les troupes russes sont entrées en Crimée.

"Nous avons cessé de voler au-dessus de l'Ukraine pour des raisons de sécurité", a déclaré Lee Hyo-Min, porte-parole d'Asiana.

Korean Air a déplacé la trajectoire de ses vols à 250 km au sud de l'Ukraine à partir du 3 mars "en raison des troubles politiques dans la région", a indiqué à l'AFP un porte-parole de la compagnie.

Le vol Londres-Dubaï passait au-dessus de l'Ukraine mais la route a été modifiée "il y a plusieurs mois", selon une porte-parole de Qantas. China Airlines a lui changé ses plans de vol depuis le 3 avril.

Interrogé sur la question, le Premier ministre malaisien Najib Razak a indiqué que la route avait été déclarée "sûre" par l'organisation internationale de l'aviation civile.

"Et l'association internationale du transport aérien a indiqué que l'espace traversé par l'appareil n'était sujet à aucune restriction", a ajouté le Premier ministre, dont le pays est l'actionnaire majoritaire de la compagnie.

"Pendant les heures" avant le crash, "plusieurs autres avions de ligne de différentes compagnies ont utilisé la même route", a-t-il dit.

Lufthansa, Air France et l'américaine Delta viennent juste de décider d'éviter entièrement l'Ukraine.

Singapore Airlines a indiqué avoir "re-routé tous (ses) vols" dans des couloirs contournant l'Ukraine, sans préciser de quand date cette décision. La compagnie de Hong Kong, Cathay Pacific, dit, elle, ne pas avoir utilisé cet espace aérien "depuis un certain temps".

Eurocontrol, le gestionnaire de l'espace aérien européen, a annoncé rejeter désormais "tous les plans de vol comportant les routes" aériennes survolant l'est de l'Ukraine. Et Kiev interdit cette zone du "niveau du sol jusqu'à un niveau illimité".

Les analystes sont divisés quant à la décision de certaines compagnies de continuer à survoler l'Ukraine ces dernières semaines.

"Je suis stupéfait", a déclaré Geoff Dell, expert en sécurité aérienne à l'université du Queensland.

"S'il y a des endroits dangereux, alors il faut décider de les éviter", a-t-il dit à la télévision Sky News. "Vous ne faites pas courir de risques non nécessaires à vos actifs les plus précieux --vos passagers, votre équipage, votre appareil--".

Mais Gerry Soejatman, consultant chez Whitesky Aviation, rappelle que voler à une altitude supérieure à 30.000 pieds est considéré comme relativement sûr, étant donné la formation et les armes requises pour abattre un avion à cette altitude.

Or l'appareil de Malaysia Airlines volait au niveau d'altitude 330 (approximativement 10.000 mètres/33.000 pieds) quand il a disparu des radars, selon Eurocontrol.

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