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Silvio Berlusconi dans l'attente du jugement en appel du Rubygate

18/07/2014 05:56 EDT | Actualisé 17/09/2014 05:12 EDT

L'ancien président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, saura vendredi après-midi si sa condamnation dans l'affaire "Rubygate", pour prostitution de mineure et abus de pouvoir, est confirmée en appel à Milan, nouvelle étape dans ses interminables démêlés avec la justice de son pays.

Peu avant 10h00 (08h00 GMT), la cour milanaise, après avoir brièvement entendu une dernière fois les différentes parties, s'est retirée pour délibérer.

Son arrêt est attendu en début d'après-midi.

Le 11 juillet dernier, l'avocat général de la cour d'appel de Milan, Piero de Petris, avait requis la confirmation de la peine déjà prononcée en première instance, soit sept ans de prison, estimant qu'elle était "sévère" mais "incontestable".

Le Rubygate première mouture s'était terminé par une condamnation en juin 2013 à sept ans de prison pour M. Berlusconi, 77 ans, et une interdiction à vie de mandat public.

Malgré ses démentis, il avait été reconnu coupable d'avoir versé de l'argent en échange de rapports intimes avec "Ruby la voleuse de coeurs", la Marocaine Karima El-Mahgroub, quand elle était mineure. Il a également été reconnu coupable d'avoir fait pression sur la préfecture de Milan afin qu'elle soit relâchée après un larcin, en affirmant qu'elle était la petite-fille de l'ancien président égyptien Hosni Moubarak, renversé en 2011.

En cas de confirmation de sa culpabilité, Silvio Berlusconi se pourvoira certainement en cassation, une procédure, suspensive de la peine, qui prendra plusieurs mois.

- Absent pour 'TIG' -

Lors de cette dernière audience devant la cour milanaise, M. Berlusconi était à nouveau absent.

Depuis le 9 mai, il passe en effet le vendredi matin à Cesano Boscone, près de Milan, dans un centre pour personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer où il purge sous forme de travail d'intérêt général (TIG) une peine d'un an de prison pour fraude fiscale (procès Mediaset).

Il est également en cours de jugement pour corruption de sénateur, ainsi qu'au coeur d'une enquête pour corruption de témoins dans le procès Ruby.

Selon le professeur en droit criminel à l'Université de Turin, Carlo Federico Grosso, interrogé par l'AFP, "si la cour de cassation confirme la sentence en appel, Berlusconi sera considéré comme récidiviste aux yeux de la loi".

Deux cas de figure se présentent alors.

Soit la décision de la cour de cassation tombe alors que l'ancien Premier ministre effectue toujours ses TIG, et alors "ils seraient immédiatement révoqués et Silvio Berlusconi arrêté", explique le professeur.

L'amnistie de trois ans dont il a bénéficié (dans le cadre du procès Mediaset, ndlr) serait annulée, ajoute M. Federico Grosso, et "cette peine ajoutée à sa condamnation de sept ans", soit dix ans.

Le juge pourra alors soit le placer aux arrêts domiciliaires, soit l'envoyer en prison malgré le fait qu'il soit âgé de plus de 70 ans, analyse le professeur turinois.

Deuxième cas de figure: le jugement de la cour de cassation tombe après la fin de ses TIG, et alors "il perdrait également ses trois ans d'amnistie et écoperait de dix ans si sa condamnation à sept ans de prison est confirmée".

Sa peine totale, effectuée là aussi sous forme d'arrêts domiciliaires ou d'années de prison selon le bon vouloir du juge, serait donc supérieure à dix ans, compte tenu des mois de TIG déjà effectués.

- Ce n'est pas fini -

Dans tous les cas, conclut M. Grosso, "cela serait désastreux pour Berlusconi, car il devra faire face à ses autres procès depuis la prison ou coincé à son domicile".

L'intérêt médiatique autour de l'ex-Cavaliere s'est peu à peu tari en parallèle de la descente aux enfers politique du milliardaire.

Son expulsion du Sénat en novembre 2013 pour sa condamnation définitive pour fraude fiscale a marqué le début de son déclin ainsi que celui de son parti Forza Italia, tombé à 17% aux récentes élections européennes.

Le magnat vieillissant, descendu pour la première fois dans l'arène politique il y a 20 ans, est désormais complètement éclipsé par le charismatique chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, 39 ans.

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