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Niger : dix dirigeants d'ONG interpellés avant la venue de François Hollande

18/07/2014 07:12 EDT | Actualisé 17/09/2014 05:12 EDT

Dix dirigeants d'un collectif d'ONG ont été interpellés vendredi matin à Niamey, avant l'arrivée du président français François Hollande pour une visite officielle, a-t-on appris auprès de l'un d'entre eux.

Trois cadres du collectif "Sauvons le Niger", qui regroupe une cinquantaine d'ONG locales - dont certaines parmi les plus importantes du pays -, ont été interpellés à leur domicile vers 05H00 (04H00 GMT) puis libérés quelques heures plus tard, a déclaré à l'un d'entre eux, Nouhou Arzika, une figure de la société civile nigérienne, à l'AFP.

Les sept autres responsables associatifs, arrêtés alors qu'ils manifestaient sur une artère de Niamey, sont encore détenus à la police judiciaire, tandis qu'une vingtaine de manifestants ont été conduits à l'école de police de la ville, a-t-il poursuivi.

Contactée par l'AFP, la police n'a pas voulu faire de déclaration sur ces arrestations.

"Nous avons été interpellés pendant que nous manifestions avec des mouchoirs jaunes sur la voie principale que doit emprunter le cortège présidentiel", a raconté Ramatou Soly, coordinatrice du Groupe de réflexion et d'action sur les industries extractives au Niger (GREN).

Les mouchoirs jaunes, comme la couleur du "yellow cake", un concentré d'uranium utilisé dans la préparation de combustible pour centrales nucléaires, sont le signe des opposants à Areva, le géant du nucléaire français, qui exploite deux mines dans le nord du Niger.

"Nous sommes surpris par ces arrestations puisque notre manifestation a été autorisée par le gouvernorat de Niamey. Mais cela ne nous découragera pas", a-t-elle protesté.

L'opposant le plus médiatique à Areva, Ali Idrissa, coordinateur de l'organisation Publiez ce que vous payez, prônant la transparence, a également détenu vendredi matin, a dénoncé l'ONG Oxfam France, avant d'être relâché, selon M. Arzika.

Areva et l'Etat du Niger ont signé fin mai un accord pour l'exploitation de deux mines d'uranium vers Arlit (nord), après plus de 18 mois d'âpres négociations.

Cet accord, qui n'a toujours pas été finalisé, oblige l'entreprise française à respecter un code minier pris en 2006 par le Niger, ce qui aboutit à une taxation plus lourde, tout en la soulageant d'autres impôts.

La situation politique s'est nettement calmée au Niger après un premier semestre 2014 très agité, marqué par l'inculpation début juin pour "atteinte à la sécurité" de six cadres de l'opposition, accusés de vouloir fomenter un putsch.

Le président Hollande est arrivé vendredi vers 10H00 GMT à Niamey dans le cadre d'une tournée africaine. Venant de Côte d'Ivoire, il y observera sur le terrain le déploiement de la nouvelle force militaire française Barkhane au Sahel, avant de se rendre au Tchad.

bh-jf/jlb

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