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Israël prêt à "élargir" son offensive à Gaza, 265 Palestiniens tués en 11 jours

18/07/2014 07:17 EDT | Actualisé 17/09/2014 05:12 EDT

Israël s'est dit prêt vendredi à "élargir" encore son offensive contre Gaza, au deuxième jour d'un assaut terrestre visant à anéantir les infrastructures du Hamas et qui a coûté la vie à 24 Palestiniens en moins de 24 heures.

Au total 265 Palestiniens ont péri depuis le début le 8 juillet de l'offensive israélienne déclenchée par des raids aériens avant de s'étendre à un assaut terrestre lancé jeudi soir avec l'objectif de faire cesser les tirs de roquettes sur Israël. Côté israélien, un soldat et un civil ont été tués.

Selon l'ONU, quelque 30.000 personnes, fuyant les bombardements ou dont les maisons ont été détruites, se sont réfugiées dans les installations de l'organisation à Gaza, une bande de terre de 362 km2 où s'entassent dans la misère 1,8 million d'âmes soumises à un blocus israélien depuis plusieurs années.

La plupart des hostilités se déroulaient dans le sud du territoire -Khan Younès et Rafah- et dans le nord, non loin de la frontière israélienne.

L'entrée des troupes après 10 jours de raids aériens et à l'artillerie a pour objectif stratégique de détruire les tunnels utilisés par le mouvement islamiste palestinien Hamas pour transporter leurs armes et pénétrer en Israël afin d'y commettre des attaques.

"Mes instructions sont de se préparer à la possibilité d'élargir de manière significative l'opération terrestre", a dit le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au début d'une réunion gouvernementale.

"Ce n'est pas possible de régler (le problème) des tunnels depuis les airs uniquement, nos soldats font aussi cela sur le terrain", a souligné M. Netanyahu, selon lequel ces souterrains devaient servir à une "attaque massive" contre des civils.

Dans l'immédiat, Israël a assuré ne pas vouloir reprendre le contrôle de Gaza, un territoire enclavé entre Israël, l'Egypte et la mer Méditerrané, d'où l'armée s'était retirée unilatéralement en 2005.

Soutenues par l'aviation et l'artillerie, l'infanterie était accompagnée d'unités du génie pour détruire les souterrains, a indiqué la radio militaire. Selon l'armée, les soldats ont engagé des combats tuant 17 "terroristes", frappant quelque "150 cibles" dont quatre tunnels.

- Pas d'électricité -

Au pouvoir à Gaza depuis 2007, le Hamas, considéré par l'Union européenne et Israël comme une organisation "terroriste", a affirmé qu'"Israël allait payer un prix élevé" de cet assaut terrestre "voué à l'échec".

Malgré l'offensive majeure israélienne, les combattants du Hamas et du Jihad islamique, son allié, ont réussi à lancer 24 roquettes sur Israël vendredi sans faire de victimes, portant le total des impacts depuis le 8 juillet à 1.164.

Sur le terrain, 70% des secteurs de la bande de Gaza étaient privés d'électricité, selon l'Office de l'électricité de l'enclave, précisant que le nord était particulièrement touché.

L'agglomération de Gaza était, elle, une ville fantôme, les rues complètement désertées, sauf à l'heure de la prière hebdomadaire en ce troisième vendredi du ramadan.

Les imams des 1.400 mosquées de Gaza ont exhorté les croyants à être "patients et forts". "La victoire viendra", ont-ils promis.

A Chajaya, à l'est de la ville de Gaza, de nombreux résidents fuyaient emportant avec eux nourriture, ustensiles de cuisine, vêtements et couvertures.

"Nous avons quitté le front est pour aller dans une école de l'ONU. On n'a plus d'électricité ni d'eau", raconte Bassil Araeer. "C'est un miracle qu'on a pu partir", renchérit sa femme.

L'offensive terrestre est la première menée à Gaza depuis celle de décembre-janvier 2008-2009 qui s'était soldée par la mort de quelque 1.400 Palestiniens sans pour autant mettre fin aux tirs de roquettes.

- 'Pas de garantie' -

La presse israélienne a applaudi la décision de pénétrer dans Gaza, prise selon M. Netanyahu après le l'échec d'une proposition de trêve égyptienne rejetée par le Hamas.

Pour le journal Yediot Aharonot, l'assaut terrestre était nécessaire car la campagne de bombardements "s'orientait vers un match nul", le Hamas continuant ses tirs de roquettes.

M. Netanyahu a admis qu'il n'y avait pas de "garantie de succès à 100%", alors que l'armée israélienne en est à sa quatrième opération contre Gaza depuis 2005.

Selon Israël Hayom, le gouvernement a le soutien de l'opinion publique mais uniquement "à trois conditions très difficiles à maintenir en temps de guerre: que ce soit bref, que les succès soit nombreux et qu'il y ait peu de morts".

Sur le plan diplomatique, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, est attendu vendredi en Egypte et samedi en Israël. Son homologue américain John Kerry a exhorté Israël à éviter les "dégâts collatéraux".

A l'étranger, Israël a décidé de réduire son personnel diplomatique en Turquie après les violentes manifestations anti-israéliennes à Istanbul et Ankara.

La nouvelle spirale de violence a été déclenchée après le rapt et le meurtre de trois étudiants israéliens en juin, attribués par Israël au Hamas qui a nié, suivis de l'assassinat d'un jeune Palestinien brûlé vif à Jérusalem, pour lequel trois juifs ont été inculpés.

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