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Crash en Ukraine: le sommet mondial sur le sida sous le choc à la veille de l'ouverture

18/07/2014 11:01 EDT | Actualisé 17/09/2014 05:12 EDT

Le sommet mondial sur le sida, qui s'ouvre ce week-end en Australie, était sous le choc samedi, après la disparition d'une centaine de specialistes et militants dans le crash de l'avion malaisien en Ukraine.

"Nous sommes toujours en état de choc", a déclaré à l'AFP Francoise Barre-Sinoussi, prix Nobel de médecine et présidente de la présidente de la Société internationale sur le sida (IAS).

La tristesse et le désarroi étaient palpables dans les couloirs du centre de convention de Melbourne (sud), à la veille de l'ouverture de la 20e conférence internationale sur le sida, plus importante réunion consacrée à l'épidémie, qui se tient tous les deux ans.

Parmi les morts, le chercheur néerlandais Joep Lange, une des figures mondiales en matière de lutte contre le virus. Il avait présidé de 2002 à 2004 l'IAS, qui organise la conférence de Melbourne.

"Joep était non sulement un grand chercheur, un champion de la lutte contre le VIH depuis de nombreuses années, mais aussi un être humain extraordinaire", a déclaré Francoise Barre-Sinoussi.

"Je suis persuadée que comme les autres membres de notre communauté qui se trouvaient à bord de l'appareil, il nous aurait encouragés à continuer. Notre présence aujourd'hui est le meilleur hommage que nous puissions leur rendre".

Le vol MH17 de Malaysia Airlines, parti jeudi d'Amsterdam pour rejoindre Kuala Lumpur, s'est écrasé dans l'est de l'Ukraine, vraisemblablement abattu en plein vol par un tir de missile, dans cette région en plein conflit.

Plusieurs des passagers devaient prendre une correspondance pour l'Australie, à l'aéroport de Kuala Lumpur. On ignore encore combien se rendaient effectivement au sommet sur le sida mais la presse australienne évoque le nombre de 108 personnes: des chercheurs, des praticiens, des militants.

Quelque 12.000 participants sont attendus pendant cinq jours, dont l'ancien président américain Bill Clinton.

"Penser à ces gens qui sont morts en plein ciel, c'est dur", a-t-il déclaré sur CNN. Ils "sont en quelque sorte des martyrs de la cause dont ils allaient parler en Australie".

Pour Michel Sidibe, directeur d'Onusida, le programme qui coordonne l'action des agence de l'Onu pour lutter contre la pandémie, "nous devons utiliser cette période de tristesse pour faire avancer notre programme, un programme pour sauver la vie de millions d'êtres humains".

Quelque 35 millions de personnes dans le monde vivent avec le virus du sida. Les décès liés à la maladie ont chuté de plus de 30% en dix ans, tout comme le nombre de nouvelles infections par le VIH, laissant espérer que l'épidémie puisse être vaincue d'ici à 2030, selon Onusida.

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