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Burundi: la prochaine élection présidentielle fixée au 26 juin 2015

18/07/2014 10:28 EDT | Actualisé 17/09/2014 05:12 EDT

La prochaine élection présidentielle au Burundi a été fixée au 26 juin 2015, a annoncé vendredi la Commission électorale nationale indépendante (Céni), la communauté internationale s'inquiétant des restrictions aux libertés politiques dans ce pays.

Un éventuel second tour aura lieu le 27 juillet 2015, a précisé le président de la Céni, Pierre-Claver Ndayicariye, lors d'une cérémonie à Bujumbura.

Le calendrier électoral pour l'an prochain prévoit aussi des législatives et communales le 26 mai, des sénatoriales le 17 juillet et l'élection des conseils de quartier le 24 août, a-t-il ajouté.

Dans ce petit pays de la région des Grands Lacs sorti en 2006 de 13 ans de guerre civile, le climat politique se crispe à l'approche des élections de 2015.

Au pouvoir depuis 2005, le président Pierre Nkurunziza est soupçonné de vouloir briguer un troisième mandat, mais ses opposants jugent qu'une nouvelle candidature serait inconstitutionnelle.

L'opposition avait boycotté les élections de 2010, qui avaient été suivies de violences.

Les conditions pour "des élections équitables, justes et libres" au Burundi "n'existent pas car les partis d'opposition sont brimés, interdits de meeting et de réunions, la société civile et les médias sont réduits au silence", a déclaré à l'AFP Frédéric Banvunginyumvira, vice-président du parti d'opposition Frodebu.

L'ONU avait dénoncé en juin les atteintes aux libertés, le "harcèlement" de la société civile et les violences politiques dans le pays.

Les "Imbonerakure", les jeunes du parti au pouvoir Cndd-FDD, sont particulièrement mis en cause. Une note confidentielle de l'ONU faisait état de la distribution d'armes par le gouvernement à ces jeunes militants.

Des organisations de la société civile ont déposé vendredi à la présidence de la République et auprès de l'ONU et de l'Union africaine une pétition pour "une enquête indépendante et neutre" sur ces allégations de distribution d'armes.

La pétition a recueilli "plus de 19.000 signatures de Burundais et d'étrangers", a déclaré à la presse Vital Nshimirimana, coordinateur du Forum pour le renforcement de la société civile (Forsc), une coalition d'ONG.

Un important défenseur des droits de l'Homme, Pierre-Claver Mbonimpa, est écroué depuis mai pour "atteinte à la sûreté de l'Etat" pour avoir affirmé que des "Imbonerakure" recevaient une formation paramilitaire dans l'est de la République démocratique du Congo voisine.

La pétition réclame aussi une enquête sur ces présumés entraînements.

Le pouvoir burundais a toujours nié ces allégations et refusé toute enquête à ce sujet.

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